Edito

» Représenter l’irreprésentable «

Quand la chronique du cinéma est à la une

Chères lectrices, chers lecteurs,

Cette année, la grande révélation au Festival de Cannes - c'était un film hongrois, Le Fils de Saul, le film de László Nemes qui a remporté  le Grand Prix du Festival ainsi que le prestigieux prix FIPRESCI des critiques de cinéma.

Le film représente un chapitre mal connu de l’horreur des camps de concentration – et cela par un approche unique dans la représentation de l’Holocauste au cinéma. C’est un jeune réalisateur qui a passé la moitié de sa vie en France, mais retourne en Hongrie pour raconter l’extermination des Juifs Hongrois, dans un nouveau langage cinématographique elliptique et centré sur les visages.

Michael Haydn et Mozart: deux amis de Salzbourg

célébrés dans un même concert à Budapest

De cinq ans le cadet de Joseph, Michael Haydn ne jouit pas, loin de là, de la même célébrité que son frère. Certes, l’oeuvre que nous a laissé Joseph Haydn le place au rang des plus grands dans l’histoire de la musique. Malgré tout, il ne faudrait pas que la gloire de l’aîné fasse pour autant oublier les qualités du cadet. Car Michael Haydn fut à l’époque un compositeur hautement apprécié. Ami de Mozart, il fut entre autres le professeur de Weber et de Diabelli. Mozart qui fit le plus grand éloge de ses compositions. Notamment dans le domaine de la musique religieuse (1).

Si Paris m’était conté...

à propos de la sortie - en hongrois- d’un nouvel ouvrage sur Paris

"Rajoutez deux lettres à Paris et vous aurez le Paradis” disait Jules Renard. Boutade habile, certes, mais exagérée. Si Paris peut faire l’objet de mille comparaisons parfois des plus flatteuses, ce n’est  pas au „paradis” que je penserais pour la qualifier. Car, en regard des nombreuses déclarations d’amour dont elle peut se flatter, Paris peut également faire l’objet de critiques, parfois dures et amères. Quoi qu’il en soit, aimée ou tenue en aversion (...jalousée?...), voilà une ville qui ne laisse pas indifférent. S’il fallait dresser un catalogue des ouvrages consacrés dans le monde à Paris, celui-ci occuperait sans nul doute plusieurs volumes bien épais. Les ouvrages disponibles en langue hongroise n’étant pas en reste. Mais pour combien d’ouvrages de réelle qualité?  Parmi ceux récemment parus, je citerai la touchante confession de Kati Marton „Párizs, szerelmeim története” („Paris, ville de mes amours”) , véritable déclaration d’amour (1).

Un ouvrage qui occupait jusqu’ici la première place sur mes étagères...  Jusqu’à ce que parût le livre de Nóra Sediánszky „Tékozló Párizs – Városnapló öt tételben” („Paris prodige. Journal en cinq mouvements”).(2) .. A  ma honte, j’avoue n’avoir su que peu de choses sur l’auteure, avant de l’entendre sur les antennes(3). Sinon que, dramaturge, nous lui devons plusieurs mises en scène et traductions. Et aussi que son père, ancien animateur de radio, fait partie des personnalités les plus en vue dans le monde des médias hongrois.  Des parents francophiles et francophones... Qui, à la longue, auront fini par lui insuffler leur amour pour mon  pays, du moins pour ma ville natale.  Et c’est tant mieux!

Censure

 

Comme l’a bien montré le regretté Bruno Neveu dans son grand livre sur la condamnation romaine du Jansénisme(1), la censure est un objet d’une grande complexité impliquant de nombreuses questions d’ordre aussi bien juridique que théologique. Si l’on a assisté au tournant des XVIIème et XVIIIème siècles à une progressive laïcisation de la censure, le contrôle ecclésiastique cédant le pas à la surveillance étatique, l’un des mots d’ordre de tous les mouvements révolutionnaires : abolition de la censure semble toujours devoir rester lettre morte. Objet complexe, la censure est aussi un objet protéiforme, en perpétuelle métamorphose.

Aram Kebabdjian : Les désœuvrés au Festival international du livre à Budapest

Entouré d’écrivains venus de toute l’Europe, à une table ronde, nous avons rencontré Aram Kebabdjian, écrivain parisien qui représente la France avec son premier roman Les Désœuvrés. Il nous a confié ses premières impressions du Festival, puis il a évoqué l’art contemporain et la situation des artistes, non sans ironie, tel qu’on peut le découvrir dans son roman dont le public hongrois a eu un avant-goût grâce aux traductions publiées dans le 100e numéro de Magyar Lettres Internationales, tête de file de la presse littéraire, et dans d’autres publications du Festival.

La Cantique des Cantique sous le regard de Gray Box

Rencontre avec Anna Ádám (fondatrice et directrice artistique de la compagnie de performance Gray Box), Orsi Fodor et Roland Korponovics, membres de la compagnie Gray Box.

“Mémoire-Enclancheurs” - c’était sous ce titre que nous avons publié une interview l’année dernière avec Anna Ádám - qui a fait le tour de plusieurs galeries à l’étranger (France, Arménie, Allemagne, Bulgarie, Autriche, Slovaquie…) et en Hongrie. Elle sait nous surprendre - cette fois-ci, c’est la Cantique des Cantiques qui a inspiré sa vêtement-performance, qu’elle a présentée avec sa compagnie Gray Box le 14 mai dernier à la galerie 2B.

Budapest: Joseph Haydn et un prince Esterházy réunis dans un même concert

Fondé en 1999 par le flûtiste hongrois Pál Németh, son chef actuel, l’orchestre baroque Savaria est spécialisé dans la musique des XVIIème et XVIIIème siècles. Il s’agit d’une formation d’effectif réduit jouant sur instruments d’époque. L’orchestre et son chef se sont depuis taillés une belle réputation, tant en Hongrie qu’à l’étranger, notamment par les nombreux enregistrements qu’ils nous ont laissés (1). Fondé en 1998, le chœur Octovoice offre également un effectif limité (8 chanteurs).

Quand le jeune Beethoven s'invite à Buda (concerts commémoratifs)

Beethoven ne se rendit qu’une seule fois à Buda, pour un récital qu’il donna au Thèâtre du Château, l’ancien Cloître des Carmélites (1). C’était au mois de mai 1800. On affluait alors de toute part pour écouter le jeune Beethoven, à l’époque davantage réputé comme pianiste que comme compositeur (2). Un pianiste adulé, qui était la coqueluche du public, notamment auprès des jeunes filles de la haute société. Au rang desquelles figuraient en premier lieu ses élèves Thérèse et Joséphine Brunswick. Les chroniques ont retenu trois séjours de Beethoven auprès de la famille Brunswick à Martonvásár. Plus que des admiratrices, les sœurs Brunswick furent pour lui de véritables amies. Une relation amicale qui se doublait d’un penchant réciproque très marqué entre Beethoven et les deux sœurs. Au point que nombre de ses biographes crurent identifier en l’une d’elles (tantôt l’une, tantôt l’autre) la fameuse „immortelle bien aimée”. Ce qui s’est avéré par la suite erroné (3)

La Création selon Haydn à l’Académie de Musique

Ce n’est pas la première fois que nous sont servis des oratorios de Haydn, dont nous avons déjà rendu compte à plusieurs reprises(1). Jusqu’ici jamais déçus, au contraire séduits. Même enthousiasme cette fois-ci encore. Mais, à la différence des précédents concerts, l’œuvre nous fut ici servie avec un orchestre et surtout un chœur relativement réduits.

Choisie pour incarner Ève et Gabriel dans la Création de Haydn, Emőke Baráth était accompagnée ce soir-là(2) par le baryton-basse Miklós Sebestyén (Raphael, Adam) et le ténor Zoltán Megyesi. Le tout emmené par l’orchestre Concerto Budapest sous la baguette de son fondateur András Keller, et le Nouveau Chœur de chambre Franz Liszt (Új Liszt Ferenc kamarakórus).

Film francophone : des Journées très réussies !

La 6ème édition des Journées du film francophone ont débuté le 26 février à Budapest et se déroulent jusqu’au 2 avril dans les grandes villes de Hongrie. Cette année encore, la programmation étonne par sa richesse : comédies drame et documentaires se croisent. Nous avons sélectionné pour vous deux films emblématiques. D’un côté, l’éthiopien Lamb. De l’autre, « Les Saisons ».

Publicité

 

Le JFB sur Facebook

 

Syndication

Syndiquer le contenu