Edito

» Représenter l’irreprésentable «

Quand la chronique du cinéma est à la une

Chères lectrices, chers lecteurs,

Cette année, la grande révélation au Festival de Cannes - c'était un film hongrois, Le Fils de Saul, le film de László Nemes qui a remporté  le Grand Prix du Festival ainsi que le prestigieux prix FIPRESCI des critiques de cinéma.

Le film représente un chapitre mal connu de l’horreur des camps de concentration – et cela par un approche unique dans la représentation de l’Holocauste au cinéma. C’est un jeune réalisateur qui a passé la moitié de sa vie en France, mais retourne en Hongrie pour raconter l’extermination des Juifs Hongrois, dans un nouveau langage cinématographique elliptique et centré sur les visages.

Les Saisons de Haydn au Palais des Arts de Budapest : Un pur délice !

Un concert récemment donné à Budapest sur instruments anciens nous a offert un moment de pur bonheur (1). Au programme Les Saisons de Haydn, interprétées par l’orchestre Orfeo et le choeur Purcell. Deux formations hongroises qui fêtent aujourd’hui leurs 25 ans.

Et pourtant... les interprétations de haut niveau de ce chef d’oeuvre ne manquent pas, qui ne nous en rendent que plus exigeants. Tels les enregistrements du jeune Karajan ou de Karl Böhm ou encore, sur instruments anciens, ceux de John Eliott Gardiner ou Nikolaus Harnoncourt, pour ne citer que ces quatre entre mille autres.

Iván Fischer ou... l’amour de l’Homme par la musique

Une belle leçon d’humanité et de tolérance

„L’amour de l’homme par la musique”: tel est le titre que j’avais un jour donné à un exposé consacré à Beethoven... Sans vouloir blesser la modestie d’Iván Fischer, voilà un titre que je reprendrais volontiers pour qualifier la démarche du chef hongrois. Ceci à propos d’un film-portrait qui lui est consacré, sorti récemment sur les écrans de Budapest (1). Un film qui donne la part belle à la musique, certes, mais qui ne devrait pas décourager les non mélomanes, car son message va bien au-delà.

Retour à l’Ithaque

Rencontre avec le réalisateur Laurent Cantet

Les journées du film francophone ont battu de nouveaux records de fréquentation au cinéma Uránia et à l’Institut Français à Budapest . Laurent Cantet, réalisateur français qui a remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes, en 2008 est venu en Hongrie avec son nouveau film. Il a participé à la première de son film, Retour à l’Itaque . Son héros Amadeo revient après 16 ans d’exil à la Havane et lors des retrouvailles avec ses amis d’antan, des questions d’une actualité brulante se posent. Nous avons rencontré Laurent Cantet après la projection du film.

Exposition - #JeSuisCharlie#

A la suite des attentats qui au début du mois de janvier ont endeuillé la France et eu pour cible principale l’équipe du magazine satirique Charlie Hebdo, une mobilisation impressionnante a eu lieu en France et dans le monde pour manifester l’attachement de tous à des principes universels qui sont au fondement de la démocratie. Comme l’a rappelé M. Roland Galharague, Ambassadeur de France lors de la cérémonie d’hommage qui a eu lieu le 8 janvier sur le parvis de l’Institut français : „ (...) rien n’entamera notre attachement à la liberté, à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, à la liberté de conscience, à la liberté de religion. La liberté ne se divise pas, la liberté ne meurt pas, la liberté s’exerce.”

Prélude à la prochaine saison de l’orchestre du Festival de Budapest

Rencontre avec Iván Fischer

Après la journée-marathon Stravinsky couronnée par Le Sacre du printemps à Budapest, Iván Fischer tient salon dans l’ancien appartement familial devenu lieu de spectacles. Le célèbre chef d’orchestre et directeur artistique de la journée Stravinsky commente devant les journalistes la prochaine saison de son orchestre dans les salles de concerts les plus prestigieuses, voire dans des lieux insolites avec des programmes surprise. Pour les lecteurs de notre journal, il a bien voulu nous parler de ses relations avec la France et son public.

Le nouveau dîner d’Epicure

Auguste Escoffier fut un précurseur à plus d’un titre. A la suite d’un diner donné en son honneur, Guillaume II l’aurait félicité en lui disant : « Moi, je suis l’Empereur d’Allemagne, mais vous vous êtes l’empereur des cuisiniers ». La phrase largement reprise dans la presse, l’on dit très vite de lui qu’il était le roi des cuisiniers, le cuisinier des rois… Cela vous rappelle quelque chose ! Escoffier a modernisé et codifié notre cuisine. Son « Guide culinaire » est toujours à ce jour une référence pour tous les cuisiniers qui étudient la cuisine française. C’est aussi lui qui a développé le concept de brigade de cuisine en rationnalisant la répartition des tâches dans l’équipe et en veillant à l’image de marque du cuisinier (propre, méticuleux, non buveur, non fumeur, ne criant pas…). Une image aujourd’hui dénoncée par certains encore récemment dans la presse.

Méthode Pető : Par-delà les frontières

"Votre enfant est handicapé moteur. Mais il est capable d'apprendre,il faut lui montrer comment faire pour devenir autonome!" Quand la kinésithérapeute-conductrice hongroise dit cela aux parents français ou belges un espoir nait immédiatement et la décision semble évidente: il faut pratiquer l'éducation conductive, systhème élaboré dans les années 40 par András Pető, médecin et humaniste hongrois.

Mendelssohn à l’honneur à Budapest: une heureuse initiative...

Depuis quelque temps, Mendelssohn est particulièrement présent à l’affiche des concerts donnés à Budapest. Anniversaire ou pur hasard ? Peu importe et voilà qui est tant mieux, car, s’il est un compositeur qui mérite meilleure reconnaissance, c’est bien lui.

Au-delà des tubes du hit parade que constituent sa symphonie italienne, son concerto de violon, et la Marche nuptiale du Songe d’une Nuit d’été (1), que connaît-on vraiment de lui ? Pas grand chose, à vrai dire. Et pourtant, sa musique de chambre et surtout sa musique religieuse nous offrent des sommets du répertoire classique.

Paul Celan: « Fugue de mort » – 70 ans après la libération du camp d'Auschwitz

Il crie jouez plus douce la mort la mort est un maître d’Allemagne

il crie plus sombres des archets et notre fumée montera vers le ciel

vous aurez une tombe alors dans les nuages où l’on n’est pas serré

[…]

Tes cheveux d’or Margarete

Tes cheveux cendre Sulamith1

Paul Celan a écrit ce poème en mai 1945, quelques mois après la libération du camp d’extermination d’Auschwitz. Il y a 70 ans que le camp a été libéré. Pour marquer cet anniversaire tragique la galerie 2B et plusieurs instituts culturels2  ont organisé une série d’événements avec une exposition autour de Paul Celan. Ce grand poète était originaire d’une région appartenant autrefois à la Monarchie austro-hongroise et toute sa poésie est hantée par le génocide des Juifs d’Europe. Durant plusieurs décennies, il a vécu à Paris. Après la projection d’un documentaire sur Celan, inédit en Hongrie, c’est au Collegium Eötvös que nous avons rencontré Bertrand Badiou, un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Paul Celan qui anime depuis de longues années un séminaire dédié au poète avec le Professeur Jean-Pierre Lefebvre à l’Ecole normale supérieure, à Paris.

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