BÚÉK ou l’économie du souhait !

BÚÉK ou l’économie du souhait !

buek

Nous autres francophones avons certainement déjà entendu ce vocable quand nos amis hongrois nous souhaitent une bonne année.

C’est vrai, nous avons la chance de pouvoir dire : bon réveillon de Noël pour le 24 et Joyeux Noël, le lendemain. Il en est de même pour le « bon réveillon de la Saint Sylvestre » et de crier enfin Booooonnne annéeeee à minuit tapantes.

Il est vrai également que l’usage du « bonnes fêtes de fin d’année » est de plus en plus courant : on aurait pu penser que cela existe par souci d’économie d’un Joyeux Noël et Bonne Année dans une seule et même phrase :  que nenni, cela existe surtout car le multiculturel s’est imposé à nous, tout naturellement, comprenez : l’on n’est pas censé savoir qui est chrétien, juif, musulman ou tout simplement athée. Cette année, par un heureux hasard du calendrier grégorien et hébraïque, la fête de Hanouka tombe aussi dans la période de Noël : du 18 au 26 décembre (il parait qu’il existe déjà la formule : « Boldog Hanukarácsony »). Cependant, l’année prochaine c’est du 7 au 15 décembre 2023. Pour les retardataires, on peut encore le fêter Noël le 7 janvier prochain avec nos amis orthodoxes qui respectent le calendrier julien.

Mais que penser de ce BÚÉK ou parfois même sans accent BUEK  (ou avec un seul accent BUÉK c’est vraiment comme on veut…) Boldog új évet kívánok  qui veut dire « je vous souhaite une heureuse nouvelle année »

Il y a une vingtaine d’années, l’on s’écrivait encore beaucoup et les cartes de vœux étant de moitié plus petites que les cartes postales standard, on comprend pourquoi, faute de place, ayant déjà souhaité un joyeux Noël et voulant garder de la place pour les signatures, il n’en restait très peu pour souhaiter la bonne année et on avait donc droit au fameux BUÉK.

Mais de là, à entendre prononcer ce sigle de vive voix ! il n’y a qu’un pas ! Mais enfin ! me demandait un ami : « Que diable font les gens avec tout le temps qu’ils économisent à ne pas écrire correctement les mots dans les messages sms et consorts, style novlangue d’Orwell :  kdo pour cadeau et C pour c’est. etc… Les abréviations, ce n’est pas nouveau : qu’il est fatiguant de dire cinématographe puis cinéma pour n’en retenir que ciné…  ou télé pour télévision que le hongrois a transformé en sigle, TV, oralement aussi. (Attention rien à voir avec TV paprika qui n’est pas un poivron que l’on mange devant la télé mais qui veut dire : tölteni való (à farcir)

Pourquoi économiser sur le temps de parole ?  Qu’y gagne-t-on ? c’est vrai, dire Buék est plus court que je vous/te souhaite la bonne année ! Serait-on devenu si paresseux ? C’est comme dire « asap » (achap en hongrois) à haute voix au lieu de dire « aussi vite que possible » (en français of course et non ‘as soon as possible)

Ne devrait-on pas trouver cela ridicule ou pire, d’un manque de tact ?

Alors chers amis, de grâce !  Osons un franc : je vous souhaite du fond du cœur une bonne et heureuse année.  Bonne santé surtout ! aimons-nous rajouter.

Boldog új esztendőt kívánok !   Encore plus joli…  Attention…, pas avant minuit !

Claire Hunyadi

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