Global Five à Budapest : égalité femmes-hommes, du pouvoir de décision à la liberté de jouer
Borbála CSETE
Côté conseil d’administration : Marcela Schweitzer
Le dérèglement climatique ne frappe pas tout le monde de la même façon. Dans le pire scénario envisagé par les Nations unies, il pourrait pousser jusqu’à 158 millions de femmes et de filles dans l’extrême pauvreté d’ici à 2050.
Pour Marcela Schweitzer, spécialiste de l’accompagnement pédagogique, l’égalité n’est donc pas qu’une affaire de justice : « Les inégalités de genre ne constituent pas seulement un enjeu d’équité, mais également un frein à l’innovation, à la qualité des décisions et à la transition écologique. » Son argument : les entreprises qui comptent plus de femmes dans leurs organes de direction prêtent généralement plus d’attention aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Non pas que les femmes seraient « naturellement » plus vertes, précise-t-elle, mais parce que des expériences différentes font voir des risques que d’autres négligent. Quant à ceux qui croient cette bataille gagnée : au rythme actuel, il faudra encore environ 123 ans pour atteindre l’égalité mondiale, selon le Forum économique mondial.
Côté scène : Bruno Blairet
Comédien et enseignant en art dramatique, Bruno Blairet préfère parler de « remise en jeu » plutôt que de remise en question des normes. Dans Comme il vous plaira, Rosalinde, travestie en homme, mène le jeu amoureux. Mais changer de costume ne change pas tout : « Tout dépend de ce que le jeu rend possible et de ce que le rire sanctionne. »

Même exigence pour les personnages féminins : « Il faut continuer à raconter les violences. Mais une femme ne peut pas être réduite à la violence qu’elle subit. » Il plaide aussi pour redécouvrir les autrices oubliées, comme Catherine Bernard et sa Laodamie (dans la pièce, Gélon renonce au trône pour rester fidèle à la femme qu’il aime, tandis que la reine assume la responsabilité de l’État. Les deux sœurs, pourtant rivales en amour, préservent leur affection.), remise en lumière par Aurore Évain, et pour que les écoles de théâtre cessent de distribuer les mêmes rôles aux mêmes corps. Notre exemple montre que d’autres imaginaires existaient déjà au XVIIe siècle, mais qu’ils ont cessé d’être transmis. Pour Bruno Blairet, soutenir les autrices contemporaines est donc tout aussi essentiel que redécouvrir celles du passé : il faut leur donner du temps, des commandes, des espaces de recherche et des possibilités de création.
Un point commun
Dans une salle de réunion comme sur une scène, les rôles assignés décident de qui participe, décide, crée et est entendu. Global Five veut en faire un terrain d’action, en reliant recherche, entreprises, institutions et la société civile.
À suivre à Barcelone
Prochain rendez-vous les 25 et 26 novembre à l’UPF Barcelona School of Management, sur le thème Advancing Gender Equality: Violence Prevention in Organizations and Women’s Entrepreneurship.