Au nom des enfants!

Au nom des enfants!

A la rencontre d’ Ágnes Elam

 

A l’occasion des 30 ans de vie associative que vient de fêter l’International Women’s Club de Budapest (1981-2011), le JFB a rencontré Ágnes Elam, chargée des projets caritatifs et culturels de l’ IWC. D’origine hongroise, mariée à un Anglais, et de retour à Budapest depuis un an, après quinze années de vie à l’étranger, Ágnes Elam consacre une grande partie de son temps et de son énergie à aider des institutions hongroises, et en priorité les enfants.

JFB : Le fait que vous soyez hongroise facilite-t-il votre travail au sein de l’association ?

Ágnes Elam : Oui. Je communique aisément avec les gens dont je connais la mentalité et sais comment organiser les choses. Peu de Hongrois parle bien une autre langue, que cela soit l’anglais ou le français.

JFB : Quels sont les points forts de IWC ?

Á.E. : Le travail principal de l’IWC consiste à mener des actions caritatives. Nous essayons d’aider différentes institutions. Cette année, nous avons aidé en particulier l’Hospice hongrois grâce aux recettes récoltées lors des galas organisés par l’IWC. Cet institut est l’un des rares endroits à s’occuper des gens malades du cancer en phase terminale. Il n’y a pas d’aides de la part de l’Etat hongrois. Cet hôpital a été fondé par Alaine Polcz il y a vingt ans cette année. Il se trouve qu’elle a été mon professeur à l’université en psychologie il y a trente ans. Elle était la meilleure. Elle a commencé seule ce projet pour les enfants malades du cancer. Après avoir fait le tour du monde pour apprendre tout ce qu’elle pouvait sur le sujet, elle est revenue créer cet institut. Elle avait beaucoup de charisme. Elle-même est décédée du cancer mais dans la sérénité. Ce n’était pas triste. C’est étrange de le dire, mais si vous la connaissiez, elle, sa mentalité, c’était ainsi. J’ai tous ses livres. Femme sur le front est un livre incroyable sur sa vie pendant la guerre. Quand son livre a été publié en Hongrie, l’ambassadeur russe de l’époque est venu lui faire ses excuses au nom de sa nation. Aujourd’hui, il y a également à la tête de l’hospice une autre femme charismatique, Katalin Muszbek, qui a été son étudiante, et qui dédie sa vie à ce projet. Elle est psychiatre, travaille dans un hôpital et donne de son temps à cet hospice bénévolement.

JFB : Vous vous occupez beaucoup des enfants.

Á.E. : En effet, notre projet phare est « Bless a child » ! L’hospice hongrois voudrait mettre en place une aide à domicile pour les enfants malades du cancer. Le sujet est très délicat, voire tabou. Nous allons leur apporter une aide financière pour sa création à Budapest. Cet argent permettra aux parents de garder leur enfant à la maison, et non de les voir mourir à l’hôpital, grâce à une équipe médicale mobile composée d’un médecin, d’une infirmière et d’un psychologue. L’idéal serait qu’il y ait deux, voire trois équipes mobiles pour prendre en charge davantage d’enfants. Lors de la fête des 30 ans de IWC, un bal de charité a été organisé pour financer ce projet. Nous avons rencontré un grand succès car ce genre de projet parle au cœur des gens. On sait combien il est difficile aujourd’hui de trouver des sponsors, or je peux vous dire que lorsque j’ai rencontré des responsables d’entreprises pour leur exposer ce projet, ils n’ont pas hésité un instant à participer. Swarovski par exemple, qui n’a jamais financé un seul projet, a accepté de nous aider ; Miele, Marriott, Kempinski, Nespresso, également, chacun à leur manière. Les médias hongrois aussi m’aident en en parlant. Nous avons aussi un autre programme intitulé «Feed a child». Il s’agit d’aider les écoles défavorisées de Budapest et de la province : nous leur fournissons régulièrement du matériel scolaire, des vêtements mais aussi une aide financière pour permettre à certains enfants de manger à la cantine. Nous avons été par exemple dans les villes de Vésztő et Békés au mois de mai dernier. Cela a été très émouvant.

Milena Le Comte Popovic

http://iwcbudapest.hu/

www.hospicehaz.hu

 

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