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Paroles, paroles, paroles …
« Encore des mots, toujours des mots… », force est de reconnaître que les hommes politiques de tous bords et de tous pays nous gâtent côté promesses. Tout va bien dans le meilleur des mondes et les crises successives ne sont que des occasions de montrer combien leur action est efficace.
Pour un peu, on croirait au retour proche de la croissance et aux millions d’emplois à venir dans une Europe modernisée et productrice de plus-values technologiques qu’ils nous promettent pour demain, après-demain, enfin bientôt mais pas tout de suite. Le problème, c’est que nous sommes entrés dans une spirale négative et que la relance par la consommation n’est pas pour demain, en tout cas pas en Europe et que ceux qui voient le bout du tunnel feraient bien de se frotter les yeux.
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, promet pour sa part que le FMI et la Commission européenne seront, dans un futur proche, tout disposés à prêter de l’argent à la Hongrie sans conditions préalables d’ordre politique.
C’est bien possible, néanmoins, pour réaliser son union politique, l’Union européenne a comme dénominateur politique commun l’existence d’un État de droit, existence qui est loin d’être prouvée en Hongrie, non pas du fait du gouvernement actuel, comme le pensent certains journalistes, mais du fait du fonctionnement clanique de la société hongroise, du clientélisme de tous bords politiques et de la corruption qui gangrène tous les services publics. Il faudrait donc commencer par éduquer les masses plutôt que de les mobiliser dans une lutte fratricide.
De plus, quand les membres du gouvernement affirment que les marchés pourraient retrouver de l’intérêt pour la dette hongroise et que le Plan “Kálmán Széll 2.0„ basé sur une croissance de 1,6 % en 2013, va faire des miracles, il est permis de fortement en douter.
Il est intéressant à ce propos d’observer que les analystes ont tendance à commenter la situation économique de notre beau pays d’accueil juste avant de passer à celle de la Grèce. Cela ne signifie rien, mais c’est tout de même une association d’idées pas particulièrement positive.
On peut aussi se demander avec quel argent le gouvernement compte remplacer les banques commerciales dans leur activité de prêt aux entreprises. Serait-ce une tentative de séduction auprès des investisseurs ? Dans ce cas l’effet risque d’être de courte durée.
Les faillites continuent dans la construction même si certains promoteurs vont jusqu’au bout de leur logique absurde. Árkád et Westend semblent mener une compétition pour le prix du centre commercial qui aura le plus investi en dépit du bon sens, bon sens qui voudrait que l’on garde des ratios plus raisonnables. Le consommateur est frileux, fauché et peut de moins en moins faire face au coût de la vie, les vitrines commencent à le faire déprimer. La question se pose dans toute l’Europe : nos hommes politiques nous prendraient-ils pour ce que nous ne sommes pas ou serions-nous ce pour quoi ils nous prennent ?
Xavier Glangeaud
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