Revue de presse

Cultivateurs vs. multinationales

Le Ministère de l’Agriculture envisage de défendre les intérêts des cultivateurs dans un accord de 18 points signé avec les grandes surfaces. Cette année des groupes de cultivateurs de pommes, de pastèques et des livreurs de lait ont organisé des manifestations les uns après les autres contre la politique d’achat des chaînes d’hypermarché. Ces chaînes répercutent une grande partie de la faiblesse des prix pratiqués sur les cultivateurs qui doivent vendre leurs marchandises avec un bénéfice minimal voire même au-dessous du prix à la production. Si les hypermarchés signent l’accord, ils pourraient ainsi demander aux producteurs de contribuer aux réductions de prix seulement à hauteur 5 % au lieu des 25 à 30 % pratiqués jusqu’à présent. Les magasins devraient aussi s’engager à distribuer des produits hongrois sur au moins 80 % de leur surface et vendre les produits de leur propre marque plus cher. Si les hypermarchés n’acceptent pas l’accord, les députés fixeraient les 18 points dans une loi.

Cependant l’Association du Commerce Hongrois refuse l’initiative en soulignant que le ministère voudrait faire payer le manque de compétitivité de l’agriculture hongroise aux clients des hypermarchés. De plus, l’accord défendrait les chaînes de supermarchés hongroises contre les acteurs multinationaux du marché. L’Autorité de libre concurrence s’oppose aussi à cette intervention dans les mécanismes du marché. Selon cette autorité et les experts interrogés par le Figyelô les producteurs devraient plutôt accroître leur compétivité en se regroupant au sein de coopératives. Ainsi pourraient-ils acheter ensemble les machines agricoles nécessaires pour pouvoir diminuer leurs coûts, demander plus de subventions européennes et défendre leurs intérêts ensemble plus facilement. Bien qu’en France par exemple, les coopératives agricoles assurent presque la moitié de la production des fruits et des légumes sur le marché, en Hongrie cette proportion ne représente que 6 %.

(Figyelô, Népszabadság)

 

Erzsébetváros: au-dessus des lois 

La police a arrêté le député du SZDSZ, György Gál, suspecté de fraude à grande échelle et d’autres crimes liés. Selon les accusations, le président du comité économique de la mairie du 7e arrondissement, Erzsébetváros, et un entrepreneur, György Nagy, ont coopéré afin de vendre 8 bâtiments, propriétés de l’autorité locale, à des sociétés offshore. La mairie a perdu 700 millions de HUF sur les ventes. Le parquet estime que le député du SZDSZ a perçu quelques 195 millions de HUF de György Nagy pour avoir rendu possible ces tractations. Le maire de l’arrondissement, György Hunvald est aussi soupçonné d’avoir participé à l’affaire car sa signature apparaît sur certains contrats.

Les affaires immobilières de Erzsébetváros ont commencé en 2004, lorsque la mairie a vendu un bâtiment classé de l’ancien quartier juif, rue Király. Les habitants de l’immeuble, l’assocation ÓVÁS! (association de défense du quartier juif) et deux autres sociétés civiles ont finalement décidé de porter plainte contre la mairie en 2006 dans le cadre de cette affaire mais aussi pour des abus et une gestion malhonnête dans le cas de 12 autres bâtiments de l’arrondissement.

Les 13 maisons vendues sont toutes situées dans le quartier juif qui porte pourtant le titre de Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2002. L’UNESCO a déjà déclaré que la situation du quartier juif la préoccupait grandement et que de telles affaires immobilières ne sont pas dignes du titre de Patrimoine Mondial. La Hongrie a jusqu’au mois de février 2009 pour déposer un rapport auprès de l’organisation afin de déboucher sur une réelle réglementation de défense des valeurs architecturales du quartier.

Lire l’article page 1.

(HVG, Index, Magyar Narancs)

 

Tokaj et Patrimoine Mondial

 Neuf villages dans le voisinage de Tokaj, dans le département de Borsod-Abaúj-Zemplén, souhaitent renoncer au titre de „Patrimoine mondial” accordé à la région par l’UNESCO en 2002. Les maires déclarent que la réglementation liée à ce titre empêchait le développement économique de la région, et ce alors qu’un habitant sur quatre souffre du chômage dans certains villages. Ainsi un investisseur japonais a-t-il récemment retiré sa proposition de construire une centrale électrique face à l’opposition des viticulteurs qui avaient manifesté l’an dernier contre l’implantation de cette usine qui aurait détérioré le paysage. Les maires des villages veulent s’assurer que la réglementation ne chassera pas les futurs investisseurs.

Cependant c’est grâce au titre de Patrimoine Mondial que la région a récemment reçu deux milliards de HUF de subventions pour le développement touristique, une grande partie de la population gagnant sa vie de la visite des amateurs de vin. Le maire de Tokaj, János Májer, est sûr que si les villages en question renoncent à cet honneur, l’UNESCO annulerait le titre pour toute la région.

(MTI, Népszabadság)

 

Prison pour usure

 Une modification du code pénal hongrois punira l’usure si le Parlement accepte la proposition de loi le 15 décembre prochain. Un usurier pourrait alors être condamné à 3 ans de prison maximum s’il commercialise son activité, c’est-à-dire s’il accorde au moins deux crédits en échange d’«une compensation non proportionelle». Cependant la proposition de loi ne déterminerait pas à partir de combien le taux d’intérêt pourrait être jugé excessif.

Dès l’année prochaine, la police du département de Borsod-Abaúj-Zemplén envisage d’informer les habitants sur les dangers de l’usure via une campagne d’affichage. Les banques refusent souvent des crédits aux habitants de cette région qui connaît l’une des situations économiques les plus défavorables en Hongrie, c’est pourquoi ceux-ci ont recours à des usuriers pour compléter leurs revenus insuffisants.

(HVG, 168 óra)

 

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