Le Nouvel An, une ancienne tradition … au passé confus

Célébré aujourd´hui le premier janvier pour débuter la nouvelle année calendaire, le Jour de l´An a revêtu par le passé une toute autre forme. Fêté à l´origine pour célébrer le renouveau de la nature, donc le printemps. Tout d´abord dans la Babylone antique, puis chez les Egyptiens lors de la crue du Nil, promesse de fertilité. Enfin chez les Romains où il correspondait, comme chez les Hébreux, au mois de mars. C´est Jules César qui, en 45 avant notre ère, décida de le consacrer à Janus (Janvier), dieu à double face, pour symboliser la transition entre le passé et l´avenir.

Tradition qui fut loin d´être reprise par la suite, la date retenue pour débuter l´année variant selon les époques. Tel, chez nous, Noël sous Charlemagne ou encore le jour de Pâques sous les premiers rois capétiens. Ce n'est qu´au XVIème siècle que Charles IX la fixa au Premier janvier, suivi du pape Grégoire XIII, dans un souci d´harmonisation des fêtes religieuses. Mais une date qui fut loin d´être généralement respectée en fonction des coutumes locales. Sans parler de la Révolution qui la fixa au 1er Vendémiaire, période des vendanges.

Comme l´on voit, une évolution particulièrement confuse. De plus, pour compliquer le tout, un Nouvel An aujourd´hui encore différemment célébré chez certains peuples. Tels les Chinois, qui le fêtent entre la mi-janvier et la mi-février, ou les Tibétains en février. Dans la religion Juive, la nouvelle année "Roch Hana" se fête en septembre-octobre. Sans parler du décalage entre les calendriers grégorien (église catholique romaine) et julien (églises orthodoxes).

Malgré tout, si chacun continue à respecter sa propre tradition, le Premier Janvier - souvent jour férié - se fête aujourd´hui de façon pratiquement généralisée. Habitude qui s´est amplifiée avec la multiplication des médias. De sorte que chacun peut désormais suivre vingt-quatre heures durant sur son écran la fête d´Aukland à Anchorage...

Mais ici encore, les coutumes varient considérablement, parfois surprenantes. Marquant généralement un souhait de prospérité. Tout d´abord (Japon, Russie, Pologne) en s´efforçant de se libérer de ses dettes. Chez nos voisins anglais, il est recommandé de se glisser dans la poche une pièce de monnaie et une pincée de sel pour se garantir richesse et nourriture. Pratique du «First footing» en Écosse: bonheur assuré à celle ou celui qui franchira le seuil en premier. Moins discret, le tapage pratiqué dans les rues de Sidney en frappant sur des casseroles (faire fuir les mauvais génies ?). Au Pérou, en choisissant la couleur du vêtement porté ce jour-là selon ses souhaits (rouge pour l´amour, jaune pour l´argent). Chez nos voisins espagnols en avalant un grain de raisin à chaque coup de minuit.  Embrassade sous le gui en France. Et cætera, et cætera… Encore que je doute que ces traditions soient aujourd´hui suivies à la lettre. Sans parler du réveillon dont le menu est également très variable d´un pays à l´autre. Ce qui demeure commun est, où que l´on soit, le lancement d´un feu d´artifice accompagné d´illuminations. Suivi de bals jusqu´à l´aube.

Et, une fois les lampions de la fête éteints ? Pour peu que l´on ait recouvré tous ses esprits, visite auprès des parents et proches pour un échange de vœux (qui avaient déjà été formulés par l´envoi de cartes ou de messages). Pour ce qui nous concerne de façon plus rapprochée, n´omettons pas d´évoquer une coutume bien sympathique : le fameux concert du Nouvel An donné le matin à la Philharmonie de Vienne. Suivi le soir de la Création de Haydn donnée à Budapest. Budapest où la foule, accompagnée de nombreux touristes, se précipite à minuit vers le Pont de Chaînes pour applaudir le feu d´artifice donné sur le Danube. Non sans avoir parcouru en tous sens les rues de la ville, armée de trompettes et petits chapeaux en carton, certains n´hésitant pas à se munir de pétards, malgré une réglementation sévère. Habitude dangereuse, sans parler de la peur qu´elle provoque auprès des animaux, notamment des chiens, dont beaucoup prennent la fuite cette nuit-là.

Et tout cela pour fêter quoi au juste ? Somme toute une nuit comme une autre. Certes agrémentée de promesses et de vœux en tous genres. Qui seront tenus jusqu´à quand ?  A voir… Une occasion, par contre, à saluer : celle de revenir sur les événements de l´année écoulée, notamment d´évoquer la mémoire des personnalités, amis et proches qui nous ont quittés.

Bonne Année, BUÉK (1), à toutes et à tous !

Pierre Waline

(1): abrégé de „Boldog Új Évet Kivánok” („Je vous Souhaite une Bonne Année”) en hongrois.

Articles: 
field_vote: 
Aucu vote pour l'instant.