Hang Massive, envoûtement à l’Akvárium Klub

Deux performances étaient proposées par le duo de surdoués qui compose Hang Massive ce dimanche 19 Mai à l’Akvárium Klub de Budapest. Le Britannique Danny Cudd et le Suédois Markus Johansson se sont rencontrés en 2010, à l’occasion d’un voyage en Inde. Ils ont, depuis, écumé les salles du monde entier, accompagnés de leurs hangs.

Accompagnés de quoi ? D’un surprenant instrument de musique aux infinies sonorités inventé en Suisse en 2000, également connu sous le nom de handpan. Il s’inspire de percussions venues des quatre coins du monde, du tambour au gong, en passant par la cloche. Les potentialités de cet objet sont immenses. Manié avec habileté, il peut s’adapter à tous les genres, manipulant à tout-va les sensations de l’auditeur, et c’est exactement ce que recherche Hang Massive. Pionniers du genre, c’est en 2011 qu’ils publient en ligne leur première collaboration nommée « Once Again ». Virale, la vidéo est aussitôt visionnée par des millions d’internautes, marquant l’avènement du hang et de son binôme d’adeptes.

Le rapide écoulement des billets pour le concert prévu à 19h30 a encouragé les deux amis à se produire également à 14h30. Un choix payant puisque des centaines de personnes se sont rassemblées à l’Akvárium Klub, le temps d’une enchanteresse après-midi. Hypnotique puis techno, planant puis survolté, tout s’entrechoque et fusionne le temps de deux heures de show. Bien aidé par un colossal travail des jeux lumière et une poétique vidéo projection, la paire récite ses compositions, dans une synergie déroutante. Chacun des mouvements de l’un complète celui de l’autre. Chacune des notes envahit l’espace avant de figer le temps. Le tout face à un public plongé dans une chaleureuse obscurité, en adéquation avec le nom de la tournée et du dernier album : « Luminous Emptiness ». Dans de telles conditions, il devient difficile, pour beaucoup, de résister à la volonté du corps de se mouvoir au gré des mélodies. Danny Cudd l’affirme : tombés en amour face à la beauté de Budapest et la ferveur du public, ils comptent fermement revenir pour un nouveau concert au plus vite !

La musique, une perpétuelle genèse

Une représentation instrumentale peut parfois être plus loquace et pertinente que des centaines de mots. Ainsi, la musique de Hang Massive deviendrait presque thérapeutique. Elle instaure une puissante atmosphère de bien-être collectif. Le chant du hang crée une harmonie, un équilibre qui illustre à merveille le message que désire propager le groupe. L’un de leur titres phares « The Secret Kissing of the Sun and Moon » (plus de 7 Millions de vue sur YouTube !) dépeint magnifiquement cette démarche artistique et humaniste.

Au-delà de toute recherche d’une dimension abstraite à leur art, les deux jeunes musiciens semblent simplement passionnés et habités par ce qu’ils composent. Et, au regard de l’enthousiasme de la foule, et de leurs quelques cinquantaines de millions de vues sur YouTube, nul doute qu’ils déchainent eux-aussi les passions. Ils s’imposent comme la merveilleuse vitrine d’un hang encore bien mystérieux, prouvant ainsi que nos instruments de musique les plus purs ne sont pas seulement les vestiges d’une ère de créativité révolue. A travers le renouvellement des moyens de la pratiquer, la musique acoustique se réinvente encore au XXIe siècle, et c’est en partie grâce à l’audace et l’inventivité de ses initiés les plus adroits.

Hugo Cellarier

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