Orsi Kovács et Gábor Erőss : La nature rencontre la ville

Mercredi 10 Avril, dans les locaux du Párbeszéd du 8e arrondissement, étaient exposées les photographies de deux jeunes chercheurs. Orsi Kovács, qui a étudié la botanique, capte la nature, alors que Gábor Erőss, sociologue, immortalise les scènes urbaines.

Introduite par Rebeka Szabó, biologiste et maire adjointe du 14e arrondissement de Budapest, cette exposition plaçait en confrontation des scènes de nature et des scènes urbaines du cœur de Józsefváros. Ces analogies, pouvant être définies par des couleurs, des formes, des matières ou des concepts, provoquent la rencontre entre deux mondes qui s’affrontent mais se complètent.  L’événement était rythmé en musique par une prestation acoustique du chanteur et musicien Kardos-Horváth János accompagné de sa guitare.

Au hasard de la nature

Aucun d’entre eux n’est un professionnel de la photographie, ils l’exercent principalement comme un besoin inhérent à leurs activités. Orsi Kovács n’est pas cette chercheuse d’image qui attend durant des heures, immobile, que la lumière idéale se dévoile ou qu’un bel animal apparaisse. Ses créations résultent du hasard de ses pérégrinations. Elle expose la Rencontre et le Drame. Il y a ce face à face avec un majestueux cerf, puis plus loin, il y a ces ossements. C’est la réalité de la nature qu’elle met en exergue, dans ce qu’elle a de plus sublime comme de plus funeste. Il se peut aussi que la rencontre et le drame se rejoignent parfois, comme lorsque ce vieil arbre de 250 ans gît, allongé, malmené par le temps, sans renoncer pour autant à sa sagesse et sa dignité. C’est cette passion commune pour la biologie qui a rassemblé Orsi Kovács et Rebeka Szabó

La vie comme richesse

Gabor Erőss, lui, présente le 8e arrondissement de Budapest dans lequel il est élu, souvent tristement cité pour sa misère et sa criminalité supérieure à la moyenne de la ville. Cependant, ce que montrent ses photographies, c’est la vie, la couleur et le partage. Si le lieu est plongé dans la pauvreté, les yeux du photographe sont suffisamment riches pour en faire disparaitre toute fatalité. Durant toute une campagne électorale, il a capté, au travers du porte à porte, des instants de vie des habitants de cet arrondissement qui lui est cher. Quand il photographie les vieux vitraux juifs, ou une scène de dialogue intergénérationnel, Gabor Erőss confère une voix à ses œuvres. Cette voix est celle d’un endroit animé, rempli d’histoire et de souvenirs, mais également d’avenir. C’est dans ce cadre que Rebeka Szabó a été touchée par son ouverture d’esprit ainsi que par son engagement social et politique.

Des pellicules éloquentes qui laissent transparaitre de réelles aptitudes chez ces deux amateurs. Orsi Kovács compte bien poursuivre sa botanique et se promener encore tandis que Gabor Erőss souhaite prolonger son engagement politique et ses rencontres avec les citoyens les plus modestes. De quoi potentiellement alimenter de nouvelles collaborations, voire de prochaines expositions ?

Vincent Faure et Hugo Cellarier

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