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Le management français s’apprend à Budapest


By JFB - Posted on 10 mai 2017

Un master 2 français diplômant en gestion et délocalisé à Budapest a été présenté lors d’un déjeuner à la CCI France-Hongrie.

Comment obtenir un diplôme de management français à Budapest ? La réponse nous a été donnée lors de la présentation du master 2 « Management et Administration des Entreprises » (MAE) spécialité Management Général de l’IAE de Lyon, en Hongrie. Dans le public, certains sont des anciens élèves, d’autres sont ici pour y découvrir la possibilité d’une future formation ou simplement par curiosité. Et il n’y a pas uniquement des cadres en costume dans la salle mais une architecte belge, un médecin lyonnais ou encore deux femmes à la recherche de nouvelles perspectives. Face à eux, Véronique Vignon, responsable pédagogique, expose les bénéfices de sa formation. A ses côtés, Maria Perger, responsable du master et Agnès Ducrot, directrice de la CCI France-Hongrie, l’appuient et complètent.


Organisé en Hongrie depuis 1995, en partenariat avec l’Université des Sciences Techniques et Economiques de Budapest (USTEB), le master MAE Management Général est un diplôme de double compétence. Considéré comme le produit phare de l’IAE de Lyon, il permet d’acquérir les compétences nécessaires au management afin d’accéder à des responsabilités de gestion. Pendant deux ans, les étudiants développent leurs connaissances en économie, droit, finance, marketing, ressources humaines… Bref, un panel de cours très varié.

Etre au cœur du monde de l’entreprise

L’ancienne élève du master et aujourd’hui responsable communication de la CCI, Monika Bacskainé Ruska, ne mâche pas ses mots pour le dire : cette formation est l’une des seules en Hongrie qui soit réellement axée sur la pratique. « C’est du concret ». Et ce n’est pas Véronique Vignon qui dira le contraire. Tout simplement parce que, pour pouvoir effectuer le master, il est nettement préférable d’avoir eu une expérience professionnelle. Le mémoire de fin d’études doit d’ailleurs se faire sur l’activité professionnelle de l’étudiant. Cet enchevêtrement entre monde universitaire et monde de l’entreprise est un investissement double : l’employeur bénéficie des compétences nouvelles de l’employé qui peut envisager des perspectives d’évolution. Agnès Ducrot a d’ailleurs envoyé deux de ses employées de la CCI faire ce master et en reconnait aujourd’hui les bénéfices.

Le management, un choix rassurant ?

On l’aura compris, la vocation phare du master est le management. Anglicisme très utilisé en France, le terme définit originellement « l’ensemble des techniques d’organisation et de gestion d’une entreprise » (François Coulomb dans Les Mots de l’entreprise (Presses universitaires du Mirail, 2012)). Management de projet, management public, management international, New Public management, management culturel…Le management est partout et, s’il est un métier, il devient également une compétence de plus en plus appréciée par les entreprises, quel que soit le domaine. Et il semble que cette voie professionnelle attire aujourd’hui de plus en plus de personnes, notamment en tant que reconversion. Pour preuve, au sein du Master 2 présenté plus haut, 25% des étudiants sont des anciens professeurs de français, qui ont décidé de changer de voie. On y trouve aussi 23% d’ingénieurs, 5% de juristes ou encore 2% de médecins. Cette diversité au sein de la formation pose finalement la question de la vision du management comme choix rassurant pour l’avenir.

Réaffirmer la francophonie

Véronique Vignon le rappelle souvent, le master présenté est le seul master 2 français en Hongrie. Les formations hongroises bouderaient-elles le français ? Selon Hugues Denisot, attaché de coopération éducative et Louise Sassonia, chargée de mission enseignement bilingue et promotion du français à l’Institut Français de Budapest, le français est appris par seulement 1% des élèves hongrois, tous niveaux confondus (1). Il serait en effet considéré en Hongrie comme une langue des arts et non pas une langue pratique. La majorité des hongrois sachant parler français sont des femmes et l’on retrouve d’ailleurs cette réalité au sein du master MAE : 57,5% de femmes et 42,5% d’hommes – bien qu’ici, l’écart ne soit pas trop creusé. Agnès Ducrot le confirme, au sein de la Chambre de Commerce France-Hongrie, il n’y a quasiment pas d’hommes.  La plupart des professeurs du master MAE à Budapest viennent directement de Lyon. Plus que tout, l’accent est mis sur la francophonie : bien que les étudiants soient de nationalités très variées, 100% des cours sont en français et un partenariat avec l’Institut Français de Budapest a été crée. Que ce soit en Hongrie ou dans un autre pays, le français fait l’unicité de la formation.

Malgré le succès, la nécessité de s’adapter

Avec 400 étudiants diplômés depuis 21 ans, le master MAE de l’IAE de Lyon représente un succès non négligeable. Et cela repose en partie sur son ouverture à l’international. En effet, 40 programmes étrangers sont mis en place aux quatre coins du monde : Europe centrale, Maghreb, Asie, Amérique du Sud, Madagascar… L’IAE de Lyon n’est toutefois pas le seul à miser sur l’international. Aujourd’hui rares sont les universités qui n’ouvrent pas de programmes à l’étranger, la renommée internationale étant la clé du succès en France. En effet, le marché du travail français considère de plus en plus le séjour à l’étranger comme une nécessité, en particulier dans les domaines du management, de la finance et du commerce. La réussite d’anciens élèves du master 2 MAE participe également à sa réputation. Parmi eux, citons Laszlo Karolyi, Directeur Général de Legrand Hongrie, société de matériel électrique. Celui-ci compte aujourd’hui parmi les 100 dirigeants les plus influents de Hongrie. Citons également Christophe Jacquemoire, directeur de HPO Hongrie. Ou encore Krisztina Davidné Krokos, consultante principale au sein du groupe Arthur Hunt, cabinet en conseil en RH très implanté en Europe. Tous ces succès contribuent à celui du master. Pourtant, ils ne doivent pas occulter le fait qu’une adaptation aux évolutions de la société est nécessaire. Véronique Vignon l’a bien compris et le master propose maintenant des formations à la carte sur le webmarketing ou le marketing des activités touristiques – des domaines très actuels. Le master MAE de Hongrie doit donc constamment intégrer les nouvelles exigences du management, afin de satisfaire les demandes d’un marché du travail plus que jamais intransigeant.

Margot Ledun

(1) : http://lefildubilingue.org/dispositifs/entretien-avec-hugues-denisot-et-louise-sassonia

 

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