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Cargonomia : une « utopie concrète » en plein Budapest


By JFB - Posted on 05 novembre 2015

Dans un local de 80 mètres carrés bourré de vélocargos et de meubles de récupération, Cargonomia, une initiative originale et portant un message politique à la teinte écolo assumée, est née il y a tout pile six mois. Volonté de ses acteurs ? Trouver d’autres façons de vivre, de consommer et de travailler.

 


C’est un centre logistique rassemblant trois compagnies : Cyclonomia, un atelier de fabrication et de réparation de vélos, la ferme biologique de Zsámbok et Kantaa, entreprise autogérée de coursiers. « L’enjeu c’est de mettre ensemble ces collectifs qui sont complémentaires. Avec les vélos de Cyclonomia, Kantaa livre les légumes de Zsámbok » résume Jérôme, l’un des participants au projet.

Cette initiative s’appuie sur les réflexions de la décroissance. En particulier la relocalisation ouverte, au coeur de ce modèle de pensée. Les vélos utilisés sont par exemple construits avec de l’acier produit à Csepel, l'île industrielle historique du sud de Budapest. De plus, le lieu se veut convivial et souhaite créer une émulation locale notamment en étant à disposition d’associations. Début-octobre était par exemple organisée une rencontre pour inciter les gens à réparer eux-mêmes leurs appareils électroménagers, un « Repair café ». « L’utopie concrète, elle est vraiment vécue ici », insiste-t-il.

A l’origine du projet, quatre hommes : Logan, un américain partageant son temps entre la ferme et l'Université d'Europe Centrale ; Levente, un hongrois informaticien fondateur de l’entreprise de coursiers ; Adrien, ingénieur français converti en mécano-vélo et designer de solutions low-tech pour transports urbains ; et enfin Vincent, co-auteur de l’ouvrage « Un Projet de Décroissance » (éditions Utopia) qui coordonne cette action commune et anime des recherches autour de cette expérience.

Dynamique citoyenne

Cargonomia est le fruit de coopérations longues et a vu le jour en mai dernier grâce à la créativité et l’action complémentaire de chacun des partenaires. Dès le départ, ils souhaitaient éviter un investissement lourd, et encore moins un prêt souscrit auprès d’une banque. Ainsi, une campagne de financement participatif a été privilégiée afin de créer une dynamique positive aux accents citoyens.

Les clients peuvent composer eux-mêmes leur panier de légumes bio et choisir de le récupérer dans l’un des différents points de distribution de la capitale ou de se le faire livrer par vélo-cargo. « Le concept est assez nouveau en Hongrie où l’équivalent de l’AMAP est moins répandu. Par rapport à la France, nous rencontrons une situation économique et sociale différente qui rend un engagement sur le long terme difficile pour les usagers », nous explique encore Jérôme. Néanmoins selon lui, au vu de la prise de conscience sur notre alimentation, Cargonomia devrait élargir sans peine son public.

Cargonomia et ses partenaires souhaitent initier une relation de confiance et de convivialité entre consommateurs et producteurs. L'enjeu n'est pas de croître mais de trouver un juste équilibre. Jérôme poursuit : « Ce projet interpelle sur le coût pas uniquement financier mais aussi humain et environnemental de nos productions : nous vivons dans l'illusion de la liberté de consommer en achetant tout et n'importe quoi à coûts réduits sans connaître ce qu'il y a derrière. En proportion, on dépense de moins en moins pour manger. Le but est de redonner à l’alimentation sa juste place ».

Un projet cohérent, donc, et qui fonctionne. Tous les jeudis sont livrés entre 40 et 80 paniers de légumes mais aussi du pain issu de farines locales et bio de la boulangerie Pipacs Pékség et depuis peu du vin magyar. Le site de Cargonomia attend et réceptionne les commandes. Pourvu que ça dure !

Elayïs Bandini

 

 

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