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Méthode Pető : Par-delà les frontières


By JFB - Posted on 09 mars 2015

"Votre enfant est handicapé moteur. Mais il est capable d'apprendre,il faut lui montrer comment faire pour devenir autonome!" Quand la kinésithérapeute-conductrice hongroise dit cela aux parents français ou belges un espoir nait immédiatement et la décision semble évidente: il faut pratiquer l'éducation conductive, systhème élaboré dans les années 40 par András Pető, médecin et humaniste hongrois.

Cette méthode éducative d’apprentissage d’autonomie destinée aux enfants handicapés moteurs a formé plusieurs générations de personnes intégrés dans la société malgré leur handicap aussi bien en Hongrie qu’ailleurs."Je n'ai aucunement hésité pour adopter l’éducation conductive pour ma fille atteinte d’IMC qui a commencé à bien progresser. La création d'une école pour Alice avec comme personne-clé une conductrice hongroise était évidente pour moi",-confie Mélanie Masson-Jeannot, fondatrice de la première école d'éducation conductive en France en 2008, en Bourgogne,à Pouilly-sur-Loire. Pourtant cette jeune maman avait fait pratiquer plusieurs techniques de kinésithérapie à sa fille que le système médical français proposait. "Dans la pédagogie conductive on ne considère pas le handicap comme un problème médical mais un défi éducatif",-explique Timea Chassot-Keller, conductrice-sénior hongroise qui anime les stages intensifs d'été à l'école EHM de Pouilly-sur-Loire en Bourgogne crée par Mélanie Masson-Jeannot.

Depuis 6 ans, 5 autres écoles ont vu le jour en France avec des enfants qui viennent de différentes régions pour des stages intensifs ou les programmes annuels. Plusieurs parents ont même changé leur lieu de travail et de vie afin de se rapprocher d'une école de ce type motivés par les progrès et l’épanouissement qu’ils ont rapidement remarqués chez leurs enfants.

« Ici nous nous sentons écoutés et faisant partie d’un projet à long-terme qui vise les objectifs précis à atteindre pour nos enfants comme apprendre à tenir à table, se déplacer seule, tenir un objet, connaître les couleurs, produire des sons etc. »-raconte une des mamans venue de Bretagne dont la fille suit son troisième stage intensif.

Parmi les pays francophones c’est en Belgique que le modèle éducatif de Pető a été intégré en premier, en 1977, au sein du centre La famille, à Bruxelles. « On ne fait pas de séances de kinésithérapie isolées mais on vise l’éducation au quotidien en créant un monde interne au sein d’un groupe pour apprendre aux enfants à jouer, s’alimenter, étudier »,- précise Yves Bawin, coordinateur pédagogique du centre La famille qui y exerce l’éducation conductive depuis 1982.

« Aujourd'hui l’éducation conductive est pratiquée et reconnue dans de nombreux pays, voire même prise en charge par l'état comme en Norvège mais en France elle est exercée dans des associations comme celle que j’ai créée ou on ne peut pas ignorer le coût élevé qui reste en grande partie à la charge des parents »,-explique Mélanie qui gère tous les mois jusqu’à 10 demandes d’enfants souhaitant intégrer son centre.

Pour plusieurs parents qui désirent faire découvrir cette méthode à leurs enfants handicapés il est difficile de se déplacer jusqu’à Budapest ou l’Institut Pető, mondialement connu, organise régulièrement les stages pour les étrangers.

Judit Pázmány, conductrice-sénior, diplômée de l’Institut Pető a été la première à avoir introduit l’éducation conductive en France, en 2008, dans le centre que Mélanie Masson-Jeannot avait ouvert en Bourgogne. Aujourd’hui elle gère un groupe d’enfants dans le Sud de la France. Mélanie Masson-Jeannot se souvient des débuts de son aventure de l’éducation conductive : « J’ai fait plus de 15 allers-retours de Pouilly-sur-Loire à Budapest avec ma fille durant ses 2 premières années de vie. Certes, c’était très bénéfique pour Alice mais assez épuisant pour ma vie de famille. J’ai mis du temps à embaucher une conductrice qui pratique la méthode Pető au sens authentique, et non pas diluée avec d’autres types de kiné».

De nos jours, Bruxelles, la Bretagne,la Normandie, la Bourgogne ,le Gard et le Luxembourg possèdent leurs écoles d’éducation conductive bien qu’il soit encore tôt pour parler de la reconnaissance de cette méthode par la majorité des états européens. Un grand travail en ce sens est entrepris par le centre belge La famille qui organise les colloques et conférences depuis plus de 30 ans pour consolider les initiatives ce qui a même donné naissance à une Association Belge de Pédagogie Conductive. Depuis 2014 une autre association bruxelloise So !Art mène un travail d’information et de diffusion de la méthode auprès des Institutions européennes qui, on espère, un jour contribueront à l’officialisation du modèle hongrois dans d’autres états-membres pour le grand bien des familles avec les enfants handicapés.

Daria Gissot

1) Exercices ludiques pour apprendre à ramper

2) Fête de Noël  à EHM de Pouilly-sur-Loire,décembre 2014

3) Apprentissage des jours de la semaine et de la météo
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