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Objectif transparence


By JFB - Posted on 11 février 2014

Législatives 2014 : la Hongrie sous les projecteurs  

Vendredi 31 janvier, Transparency internationale Hongrie et l’Institut pour la responsabilité fiscale,  ont présenté une étude sur l’absence de transparence dans la gestion et le processus de prise de décisions au sein du secteur public et de l’appareil politique en Hongrie, étude réalisée dans le cadre du projet « Que choisissons-nous ? ». Ces deux ONG ont dressé dans six domaines  un état des lieux « a priori » en examinant : le processus de prise de décisions, la loi de finance, le financement de la campagne électorale, la liberté d’information, les marchés publics et la lutte contre la corruption. Les résultats sont déjà pour le moins alarmants. Au cours des deux mois à venir le groupe d’experts mis en place évaluera les conséquences budgétaires des promesses des candidats et le financement de chaque campagne, un premier pas vers une normalisation de la « situation » hongroise.

 


Si cette étude, réalisée sous le patronage d’économistes tels que Péter Ákos Bod, Tamás Mellár et Ákos Szalai, vise à démontrer à quel point le manque de transparence et les dysfonctionnements affectant les divers processus de prise de décisions mettaient en danger le devenir de l’économie hongroise, l’aspect le plus intéressant de ce projet est bien la mesure, en toute indépendance, du coût, et des conséquences budgétaires probables, de chaque promesse électorale des partis candidats aux législatives de 2014, estimation dont les résultats seront accessibles, entre autres, sur le site www.transparency.hu.

Initié aux Pays-Bas en 1956, ce monitoring permet aujourd’hui une meilleure information des électeurs néerlandais tout en limitant la propension naturelle des candidats à faire des promesses irréalistes en matière économique.

Lors de la conférence, József Péter Martin, directeur exécutif de transparency international Hongrie, a clairement justifié l’implémentation de cette initiative en soulignant à quel point un fonctionnement transparent des institutions était le corollaire d’un bon fonctionnement d’un Etat démocratique et de son économie.

Il est malheureusement évident que la réussite véritable de telles initiatives repose en partie sur la volonté du personnel politique de s’associer à cette volonté de transparence. La Hongrie est aujourd’hui un des pays dans le monde où l’accès à l’information budgétaire est le plus restreint. L’opacité qui entoure l’attribution des marchés publics et le financement des partis politiques, ainsi que la corruption très élevée dans le pays, présentent un danger réel pour la démocratie, danger qui va bien au-delà de ce qui est acceptable pour un pays membre de l’Union européenne.

Si dans de nombreux pays européens, la discussion sur la pertinence d’une étude porte le plus souvent sur les modélisations économiques utilisées, et sur la probabilité des variables prises en compte, il en va tout à fait autrement en Hongrie.

 Vu de l’étranger, il est clair qu’une sorte de  « paranoïa » règne dans les milieux politiques hongrois. Pour les politiciens locaux, comme pour de nombreux électeurs, l’existence même d’une évaluation indépendante semble impossible tant est forte la volonté de lier les hommes aux idées d’un  parti ou d’une faction.

Il faudra probablement l’apparition d’une nouvelle classe politique, la reconnaissance de la prééminence du technique sur le politique et plusieurs années de pratiques avant que ce projet n’impacte durablement la société hongroise. C’est un premier pas, un premier pas important car il va dans le sens de l’établissement en Hongrie d’une véritable démocratie. Les acteurs de ce projet ont la lourde responsabilité de prouver à la classe politique que la transparence est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie et que l’honnêteté intellectuelle existe dans ce pays. On ne peut que les soutenir et leur souhaiter le plus grand succès possible.  

 

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