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Entretien avec Patricia Petibon


By JFB - Posted on 18 mars 2013

Les Illuminations au Festival de printemps de Budapest

Une belle voix soprano, colorature – Patricia Petibon vient à Budapest pour le Festival de Printemps pour chanter les Illuminations de Britten. Elle se produit dans de grands théâtres lyriques européens comme au Festival d’Aix ou à Salzbourg. Elle a un grand répertoire : Des Indes Galantes de Rameau jusqu’aux chansons populaires espagnoles elle a réussi  à apporter du nouveau dans son interprétation.  A la veille de ses spectacles prévus à Munich, puis à Budapest elle nous a accordé une interview.

 


 

C’est vrai que je voyage beaucoup dans des répertoires très différents que ce soit de la musique ancienne, baroque ou le répertoire contemporain comme Alban Berg. Il y a aussi les opéras de Verdi et puis je prépare un rôle mozartien Giunia dans Lucio Silla pour le Liceu de Barcelone. Je chante beaucoup de musique française mais pas seulement. Prochainement, ce sont les Illuminations de Britten que je chanterai pour la première fois avec l’Orchestre de Munich. Je pense que c’est important pour la voix de voyager parce que cela lui offre différentes expériences qui la nourrissent.  

Quelle est la partie la plus belle dans cette aventure que de chanter Les Illuminations ?

C’est de la poésie, c’est la réussite de Britten et de Rimbaud pour cette association. Je suis française je sais parfaitement que le texte de Rimbaud est très fort, c’est un univers de fantasmagorie et d’imaginaire sur l’artiste, sur des choses lugubres et autour d’un monde complètement farfelu, autour d’un cirque. Ce sont des textes tellement complexes, il y a toutes sortes de clins d’œil sur le personnage, sur la sexualité. En même temps Britten a su capter le mystère de la poésie et ce côté complètement burlesque. Ce qui m’a surprise c’est qu’il y a juste un orchestre avec des cordes. Il n’y a pas de vents, il y a juste des violons, alto, violoncelle et c’est un orchestre complet - il y a  un imaginaire sonore très présent.  

Cela sera plutôt une version de concert, mais j’espère, plus tard, en faire quelque chose de scénique – on peut abandonner la partition et raconter les Illuminations. C’est intéressant pour une chanteuse de pouvoir offrir beaucoup de couleurs différentes avec la voix. On peut modeler la voix comme un sculpteur le fait avec la pâte à modeler. C’est utiliser sa voix à travers la poésie et c’est intéressant pour la poésie.

Vous êtes partie de la musique ancienne, baroque, de Rameau, pourquoi ce parcours de plus en plus proche de la musique contemporaine ?

La musique baroque est extrêmement proche de nous, parce que l’on utilise la voix avec beaucoup de contrastes, on doit inventer des partitions, on doit colorer ses personnages. Il y a une part d’improvisation dans cette musique – et c’est formidable, c’est une grande liberté. La musique baroque a beaucoup de succès parce que justement elle utilise nos données contemporaines pour la nourrir et cette musique a aussi une base très populaire.

Je ne suis pas une spécialiste de la musique ancienne, je suis une interprète qui cherche un mode d’expression suivant les compositeurs et les styles. Mais on ne peut pas revenir au 17ème ou au 18ème siècle, il ne s’agit plus des mêmes codes vestimentaires et physiques, le monde a évolué. Je pense qu’être puriste c’est une illusion.

Vous êtes passée par de grands festivals – que vous ont-ils apportés ?

J’ai surtout travaillé avec de grands chefs, avec William Christie et Nicolas Harnoncourt. C’est aussi ces rencontres qui font qu’on décide de suivre un chemin et qu’on se dit : je ne prends pas forcément ce schéma que tout le monde attend, c’est à dire le chemin sage, académique. Je suis une chanteuse, je prends des risques au niveau des interprétations, la façon de se présenter sur scène, de bousculer un peu les choses mais en même temps je reste très classique dans le sens que c’est du travail réfléchi.

Éva Vámos

Patricia Petibon et l’Orchestre de Munich au Palais des Arts lundi 1er avril à 18 h 30

Budapest IX. Komor Marcell u. 1

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