Le secteur financier au pied du mur !

Rencontre avec Jacques Maire

Avec le gouvernement Fidesz, les mesures à destination du secteur financier (banques, assurances,...), détenu à 80% par des établissements étrangers, se succèdent sans se ressembler, ne leur offrant aucune trêve :  instauration d’une taxe de crise, nationalisation des fonds de pension, adoption d’un dispositif de remboursement des crédits en devises étrangères. Le groupe AXA Hongrie a annoncé dernièrement qu’il cessait d'accorder de nouveaux prêts hypothécaires dans ce pays, mettant ainsi un coup d'arrêt brutal à sa principale activité bancaire sur ce marché. Jacques Maire, Directeur général d’AXA groupe Hongrie, revient sur les événements qui ont généré ce repli et évoque l’avenir d’AXA Hongrie dans ce contexte de crise.

 


 

JFB : Comment voyez-vous la situation des services financiers en Hongrie?

Jacques Maire : La situation n’est pas la même suivant les secteurs. Mais je ne peux évoquer que le marché du particulier, où AXA est présent. Dans le domaine de la Banque de détail, la situation est difficile. Le crédit est rare et cher, et il devient difficile pour le particulier de se faire financer.

JFB : Pourquoi les banques ne veulent-elles plus prêter?

J.M. : Elles le voudraient, mais n’ont plus les fonds propres nécessaires. Les taxes spéciales et les pertes occasionnées par les remboursements anticipés des prêts en devises ont fragilisé les bilans.

JFB : Les consommateurs vont en souffrir?

J.M. : Les maisons mères à l'ouest des banques hongroises ne veulent plus apporter de la liquidité et des capitaux pour financer l’économie hongroise. Le pays n’est plus lisible pour les investisseurs du secteur. On en voit déjà la conséquence: les épargnants hongrois qui ont de l’argent disponible peuvent s’y retrouver, car les banques augmentent les taux d’intérêt pour pouvoir financer localement leurs crédits. Cette situation peut durer tant que l’épargne locale restera très inférieure aux crédits locaux. Ce n’est pas un bon point pour la croissance.

JFB : Un accord avec le FMI pourrait débloquer la situation?

J.M. : En théorie, cela ne peut qu’améliorer les choses. On parle de cet accord depuis novembre mais depuis, on ne voit rien venir de concret. Une fois l’accord conclu, il faut encore de la continuité et de la bonne foi dans son application. C’est ce qu’il faut espérer.

JFB : Venons-en à AXA. Vous avez récemment annoncé une réorganisation de votre groupe.

J.M. : Tout à fait, AXA tire les conséquences du contexte que je viens d’indiquer. C’est pourquoi nous stoppons l’octroi de nouveaux crédits, et nous mettons l’accent sur le développement de l’épargne et de la banque au quotidien (comptes courants, comptes d’épargne, cartes…). Et, pour des raisons de coût comme de positionnement, nous nous positionnons d’abord comme une banque en ligne pour la clientèle adepte de cette approche. En conséquence, nous réduisons notre présence physique dans les seules villes principales du pays. Un nouveau directeur général a été nommé, Albert Roggemans, pour mettre en place cette simplification de notre modèle bancaire et développer une offre simple et très compétitive.

JFB : Vous avez aussi été très présent dans le débat sur les fonds de pension l’an passé. Où en-est-on aujourd’hui?

J.M. : Comme vous le dites vous-même, le débat sur les fonds de pension obligatoire relève désormais du passé, même si, malheureusement, la question du financement des retraites demeure entière. Le gouvernement a en effet récemment décidé de ne plus autoriser ceux qui avaient souhaité garder leur fonds de pension de continuer à cotiser. Dans ces circonstances, et à moins d’un nouveau changement de législation, il est probable que les fonds n’aient plus les moyens de continuer à fonctionner assez rapidement. Ils devront donc fermer ou se regrouper.

JFB : Que peuvent faire les Hongrois face à cette situation?

J.M. : Si les particuliers ne peuvent plus compter sur leur fonds de pension obligatoire, ils savent aussi qu’il serait hasardeux de compter exclusivement sur  les retraites par répartition de la sécurité sociale pour vivre vieux. Or, dans la crise que traversent les Hongrois, l’épargne retraite n’est pas la priorité par rapport aux besoins quotidiens, au chômage, aux dépenses de santé… Un effort volontaire d’épargne retraite nécessite un cadre fiscal très favorable et une forte promotion de la part de l'Etat, ainsi qu'une industrie très mobilisée. Aujourd’hui, un système de fonds de pension volontaire existe en Hongrie, alimenté par des contributions de l’employeur. Nous en sommes un des acteurs importants. Mais il devrait vraiment être reformé pour répondre aux besoins de retraite. Le gouvernement a évoqué cette possibilité. Nous sommes prêts.

JFB : Que proposez-vous alors pour vos clients?

J.M. : A côté de l’épargne de court terme que nous proposons à travers notre offre bancaire, nous sommes avant tout des spécialistes de l’épargne moyen et long terme et de la protection financière. En Hongrie, nous misons sur une offre d’assurance vie simple et flexible:

- Une épargne qui évolue en fonction de vos capacités,

- Des stratégies d’investissement qui s’adaptent automatiquement aux évolutions de marché pour éviter aux clients peu avertis de se mettre dans des stratégies risquées,

- Une gestion de fonds qui nous place parmi les plus performants du marché dans les comparateurs,

- Des couvertures d’assurance qui vous permettent de parer aux accidents de la vie: accident, invalidité, décès…

JFB : Vous  progressez dans le marché de l’assurance vie malgré un marché atone. Pourquoi?

J.M. : AXA est le premier assureur vie au plan mondial, et nous progressons rapidement en Hongrie. Cela résulte d’une stratégie fondée sur deux éléments: un produit adapté aux besoins locaux, comme je viens de l’évoquer, très orienté sur la protection du client et sur une stratégie d’investissement aux risques très maîtrisés;  une distribution orientée client. Nous sommes les seuls à proposer un réseau 100% AXA, respectant tous nos exigences de qualité de leader mondial, et à même de proposer des produits de banque et assurance d’autres marques quand nous n’avons pas l’offre correspondante la plus adaptée. Par ailleurs, nous développons notre activité en direction des communautés expatriées à travers des produits comme les comptes bancaires et l’assurance habitation*.

*Pour tout renseignement s’adresser à Sébastien Hidreau, en charge de la clientèle francophone :

sebastien.hidreau@axa.hu ;

Tel.: + 36 30 233-0106 ;

Fax: + 36 1 413-5101  (www.axa.hu

Julien D.

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