FEMMES, FEMMES FEMMES !

Et oui, en cela aussi il semble que nous réclamions de façon de plus en plus préoccupante notre dû de parité. Des indicateurs encore disparates commencent à laisser soupçonner que peut-être les femmes ne sont pas intrinsèquement les inoffensives protectrices de vie qu’on a toujours voulu croire.

Ainsi, par exemple, s’il est irréfutablement admis que les exactions conjugales des hommes sur les femmes sont 10 fois plus importantes que le contraire, on sait aussi que pour la France en 2005, 25% des personnes décédées suite à ces violences étaient des hommes (chiffre du Ministère de l’Emploi & de la Cohésion Sociale). Et ce n’est pas tout : un rapport du SNATEM*dit clairement que les “auteurs de sévices sur les enfants les plus fréquemment cités ne sont pas les pères(27,4%) mais bien les mères (48%).

Ça paraît tout à fait incroyable et pourtant… Certaines intellectuelles commencent à se pencher très sérieusement sur la question sans que nous ayons d’ailleurs vraiment envie de les écouter. À titre d’exemple, le tollé déclenché par le pavé dans la marre féministe que fut le dernier livre d’Elisabeth Badinter** qui nous interpelle sur les violences physiques et psychologiques que peuvent exercer les femmes dans le domaine privé ou public. Et, de nous remettre en mémoire les atrocités des Frauhen Kapo SS, la barbarie des milices féminines rwandaises, les incitations à la haine et à l’épuration ethnique de Biljana Plavsic, ex-présidente des Serbes de Bosnie et première femme européenne condamnée en 2003 pour crimes contre l’humanité, ainsi que… les tortures pornographiques des tristement célèbres militaires américaines de la prison d’Abu Grahib. Ah, ces fameuses photos qui ont fait le tour de la planète et que personne ne peut regarder sans avoir la nausée. Susan Sontag le grand écrivain américain a publié en 2004 avant de mourir un dernier texte très important The photographs are us qui dénonce ces ignominies et affirme que la violence, la torture & la pornographie font désormais partie intégrante de la culture du divertissement américaine. On peut donc aujourd’hui se demander légitimement pourquoi et comment les femmes échapperaient plus que les hommes à cette pression culturelle qu’elles n’ont pas créée et à laquelle il est de plus en plus difficile d’échapper ?

Et bien, en ne se voilant pas la face justement sur toutes ces dérives possibles. En étant plus cultivées, plus malignes et plus fines qu’elles ; en étant plus conscientes, plus humaines et plus compatissantes. En faisant œuvre pour une société mixte beaucoup moins brutale, gérée en collaboration pacifique avec les hommes. Et pour finir, voilà ce qu’écrivait Simone de Beauvoir à la fin du Deuxième Sexe en 1947 et qui reste 60 ans après, toujours autant d’actualité :

«C’est au sein du monde donné qu’il appartient à l’Homme de faire triompher le règne de la liberté ; pour remporter cette victoire, il est entre autres nécessaire que par-delà leurs différenciations naturelles hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité.»

Marie-pia Garnier


 


*le SNATEM est le Service National d’Accueil Téléphonique pour l’Enfance Maltraitée

** Fausse Route publié chez Odile Jacob , qui a mis notamment les Chiennes de Garde particulièrement en pétard.


 

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