Sauvée de la faillite?

Le feuilleton BKV, suite.

La BKV (Société des transports en commun de Budapest) vient enfin d’obtenir les garanties d’Etat en vue de rééchelonner le paiement de ses crédits et prolonger de trois ans le terme des échéances de remboursement. "Malgré l’attente de certains, la BKV semble être sauvée" a déclaré le maire István Tarlós lors d’une conférence de presse, le 8 mars dernier.

 


 

"Je n’ose pas dire que le problème de la BKV a été résolu, mais je tiens à préciser qu’il le sera" a affirmé István Tarlós. Le maire a ajouté qu’il avait entrepris des négociations avec les huit banques ayant accordé des crédits à la société des transports. Ils se sont mis d’accord pour prolonger de trois ans l’échéance du remboursement de la BKV. La compagnie de transport en commun devra ainsi payer dans les trois années à venir non seulement les taux d’intérêt, mais aussi les capitaux empruntés. D’ici à la fin avril, la société doit rembourser 40 milliards de HUF, une somme désormais garantie par l’Etat.

Afin de résoudre le problème financier de la BKV, le Fidesz avait déposé une proposition de loi obligeant les sociétés à prendre en charge le prix du transport en commun de leurs employés dès juillet prochain. Jusqu’à présent, celles-ci n’étaient contraintes d’assumer que les coûts du transport interurbain de leurs salariés, et cela à hauteur de 86%. La nouvelle proposition vise à élargir l’obligation de paiement des sociétés sur le transport local, et à annuler le plafond de cette obligation. L’employeur sera désormais contraint d’assumer au moins 86% des coûts du transport. De leur côté, les syndicats d’employeurs, à savoir la Munkaadók és Gyáriparosok Országos Szövetsége (Fédération nationale des directeurs et industriels hongrois) et la Vállalkozók és Munkáltatók Országos Szövetsége (Fédération nationale des directions) considèrent comme inacceptable l’obligation de prendre en charge la presque totalité des coûts des transports des salariés.

 

L’avenir

Le 13 mars, István Tarlós va entamer des négociations avec le secrétaire d’Etat Mihály Varga sur le financement à long terme de la BKV. C’est au cours de cette rencontre qu’ils vont également décider avec quelles ressources la société pourrait être financée. István Tarlós, les experts de la BKK (Centre des transports de Budapest) et l’Institut de recherche économique Századvég, ont élaboré un projet prévoyant la possibilité d’introduire un impôt sur les services de base (eau, gaz et électricité). Le maire a annoncé qu’il ne s’agissait pas d’imposer uniquement les services de base, mais aussi d’obliger les entreprises rentables à venir en aide à une société déficitaire, en l’occurrence la BKV.

Selon les informations du portail origo.hu, le projet contient également la réduction du montant de la TVA sur les billets et les cartes de transport. Or, cette mesure est largement contestée par le ministère de l’Economie nationale, qui souligne la baisse des recettes budgétaires. De plus, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas pourquoi l’impôt sur la circulation ne fait pas partie de ces mesures. Et d’autre part, pourquoi le partage des tâches et du financement n’a pas été établi entre le conseil municipal de Budapest et ses arrondissements.

Si la BKV semble être sauvée par l’Etat, au moins pour le moment, sans doute cette affaire va-t-elle encore faire couler beaucoup d’encre. A suivre !

Máté Kovács

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