Mes flâneries hongroises

Várhegy ou la crème des quartiers

Pour un expatrié qui vit à Budapest, le quartier du château peut vite ressembler à la tarte à la crème des lieux touristiques de la ville. L'endroit regorge de touristes et de restaurants qui affichent parfois le double des prix du centre-ville. Pourtant, là encore, le charme opère pour qui sait dénicher les petits cailloux blancs que le quartier a semés sur la route de l'authenticité.

 


 

Avant de plonger dans l'histoire, je m'accorde une balade le long de Tóth Árpád Sétány, en face des collines de Buda. Cette rue agréable est le repère des habitants du quartier, plutôt discrets ailleurs. J'y croise les mamans et leurs bébés en poussette, les joggers du matin ou les promeneurs de chiens. Ici l'ambiance pourrait être celle d'un petit village où tout le monde se connaît, se hèle et s'inquiète de la santé de son voisin. En comparaison des hordes de japonais débarquant au bastion des pêcheurs, tout un monde ...

J'arrive sur Kapisztrán tér, devant les ruines de l'église franciscaine du 13ème siècle, baptisée désormais tour Marie-Madeleine. Pendant l'occupation turque, c'est la seule église qui fut dédiée au culte chrétien quand toutes les autres étaient détournées en mosquées. Elle fut détruite durant la Seconde Guerre Mondiale et laissée dans son jus. Ces ruines m'émeuent, sans que je sache pourquoi et je sens qu'il est préférable qu'elles demeurent ainsi.

C'est aussi sur cette place que se trouve le magnifique bâtiment des Archives Nationales avec son toit de tuiles colorées. Je risque quelques pas à l'intérieur, sous l'oeil bienveillant du gardien et j'admire les plafonds gothiques peints, impeccablement rénovés. En sortant, j'emprunte la rue (mais bien sûr, je vais la rendre) Mihály Táncsics en me cognant à tous les panneaux tant mes yeux boivent les façades colorées, les fresques peintes et les portes sculptées qui abondent ici. Je passe devant le musée d'Histoire de la Musique (numéro 7 de la rue) à la cour géométriquement pavée et qui est le lieu de concerts réguliers. Au numéro 5, au fond d'une cour se trouve Koller galéria, une petite galerie d'art au charme fou en raison de la présence d'un minuscule jardin où court le lierre autour de sculptures en accord avec les lieux.

A quelques pas de là, devant l'hôtel Hilton abritant lui aussi les restes d'une église gothique (visibles à l'arrière du bâtiment), il y a le fortuna passage qui mène jusqu'à quelques boutiques pour touristes. Mais en entrant dans le passage, sur ma gauche, se dresse une porte en bois mystérieuse, juste parée d'une pancarte indiquant des heures d'ouverture (11h30-14h30). Une fois la porte poussée, il faut grimper au premier étage pour découvrir une cantine toute modeste, essentiellement fréquentée par les hongrois pure souche, rarement par des touristes aventuriers. Quelques tables, un menu qu'il faut tenter de déchiffrer sous peine de se retrouver avec de la cervelle en déjeuner alors qu'on déteste ça, un prix avoisinant les 1000 forints, l'assurance d'un moment authentique pour une cuisine typiquement hongroise, l'offre est plutôt rare dans le secteur. Et pour le dessert, faites quelques pas supplémentaires pour choisir une pâtisserie alléchante ou un vrai chocolat chaud au Ruszwurm (Szentháromság tér 7). Pour digérer, rien de tel que de poursuivre la flânerie sur Úri utca, Dísz tér ou Országház utca en contemplant les richesses architecturales qui font de presque toutes les maisons des mûemlék (monuments) !

Je sais que je reviendrai vite ici, notamment aux beaux jours, quand je pourrai profiter du café situé sur les remparts hauts (au dessus du restaurant Halászbástya) avec sous mes yeux une vue époustouflante sur le Danube et la ville. Finalement, je reprendrai bien un peu de tarte à la crème ...

Juliette Monroche

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Commentaires

Par hasard, il y a quelques années,dans le quartier du château  j'ai découvert cette cantine aux mets typiquement hongrois qui ne paye pas de mine et surtout d'un prix défiant toute concurrence. Il faut vraiment connaître cet endroit et ne pas hésiter à pousser la porte indiquant seulement les heures d'ouverture.Et un peu plus loin, cette pâtisserie succulente "le Ruszfurm, où je me souviens avoir dégusté un irish coffee délicieux.

Je suis très heureux de voir qu'en 2012 rien a changé. Bravo 

By Guytal