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Mouvements politiques

 

La nouvelle année a apporté son lot de changements dans la vie publique hongroise. Des mouvements de personnalités politiques ont eu lieu, aussi bien du côté du gouvernement que du côté de l’opposition.

 


 

Après la manifestation du 23 décembre 2011, devant le Parlement - pour rappel, les députés s’étaient enchaînés pour empêcher l’adoption de nouvelles lois (dont la nouvelle loi électorale)- le parti LMP (faire de la politique autrement!) a débuté 2012 de manière orageuse. Un débat sur l’avenir du parti a provoqué la division au sein de ses militants: ceux convaincus que le LMP doit garder son identité et aller à l’encontre du FIDESZ, et ceux qui souhaiteraient s'allier avec toutes les forces politiques autres que le parti gouvernemental, voire jusqu'à envisager un rapprochement avec les partis extrémistes.

Le 3 janvier 2012, Virág Kaufer a annoncé qu’elle démissionnerait de son poste de députée dès le 1er février. Celle-ci a expliqué sa démission, indiquant qu’elle pourrait faire plus dans la rue et dans les différentes communautés qu’à l’intérieur du Parlement.

Quelques jours après, un autre député, Gábor Schering a notifié qu’il souhaitait quitter son poste de responsable économique du LMP. Il a écrit une lettre ouverte aux autres députés de son parti. Celle-ci fait part de sa volonté de consacrer son temps, dans les mois à venir, à la préparation de son doctorat. Il ajoute également qu’il ne pourrait donc s’occuper des questions politiques, seulement un jour par semaine. Ainsi, il a proposé de démissionner de son mandat de député. Il a déclaré ne pas pouvoir travailler en totale sincérité au sein d’un parti où règnent chaos et amateurisme.

 

Le 14 janvier, alors qu'une crise interne émergeait au sein de ce jeune parti, András Schiffer, Président du groupe parlementaire a annoncé, lors d'une réunion du Bureau National du LMP, qu’il démissionnait de ce poste. Il a justifié son départ inattendu par un manque de soutien et de confiance au sein du groupe: en effet, celui-ci lui avait demandé d’expliquer le récent rapprochement avec le Jobbik (parti d’extrême droite). De ce fait, perdant également sa place au Bureau National, il ne renonce toutefois pas à son mandat de député.

 

Par suite, lors du dernier congrès du parti qui s’est déroulé fin janvier, le LMP a nommé un remplaçant, Benedek Jávor, comme nouveau Président du groupe parlementaire. Jávor a indiqué, durant la conférence de presse qui a suivit la séance, qu’il souhaitait renforcer sa politique à l’extérieur du Parlement. Il dit être convaincu que le travail des parlementaires doit se concentrer, désormais, davantage sur la forme que sur le fond. Ainsi, dans le cadre du programme "Új ellenállás" (Nouvelle résistance), le parti souhaiterait à l’avenir entrer en relation directe avec les électeurs.

 

Sous l’effet de ces changements de direction du parti, Gábor Scheiring est revenu sur sa démission. D’après lui, des actions prometteuses devaient aboutir au sein du LMP.

 

D’autre part, à l’occasion de ce congrès, la porte-parole du parti Bernadett Szél, a été nommée nouvelle députée du LMP, succédant à Virág Kaufer.

Mouvements ministériels

Les mouvements au sein des ministères ont débuté dès la fin de l’année dernière. En décembre, Tamás Fellegi a démissionné de son poste de ministre du Développement National. Par la suite, il a été nommé ministre en charge de la direction des négociations avec le FMI, sans budget dédié à son ministère. A la surprise de tous, le portefeuille ministériel a été confié à Lászlóné Németh. Mme Németh, qui n’est pas diplômée, avait par le passé occupé plusieurs postes de direction dans différentes sociétés publiques, sous la législature FIDESZ. Avant sa nomination, elle était directrice générale adjointe de la MFB (Banque du Développement Hongrois), mais n’avait jamais eu de responsabilités dans la vie citoyenne.

Récemment, deux secrétaires d’Etat ont également quitté l’administration publique. Tout d’abord, l’an dernier, ce fut János Bencsik, le secrétaire d’Etat à l’Energie. Il est, à plusieurs reprises, entré en conflit avec János Lázár, le président du groupe parlementaire FIDESZ, à propos de sujets sur les énergies. Bencsik a avoué qu’il n’était pas préparé à faire la part des choses entre les opinions professionnelles et les positions politiques. A partir de février, Pál Kovács, l’ex-adjoint de Bencsik, a repris son poste.

Par la suite, à la mi-janvier, ce fut le tour du secrétaire d’État auprès du ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, József Ángyán, de démissionner. Il n’a pas commenté son départ de manière formelle. Toutefois, il est fort probable que sa décision soit liée à la révocation de ses proches collègues. Ángyán représentait le soutien principal des petites propriétés et le garant du plan Darányi (programme agricole du gouvernement). Ainsi, plusieurs organisations civiles et écologistes ont demandé au Premier ministre, Viktor Orbán, de refuser la démission du secrétaire d’Etat. Sándor Fazekas, le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural a insisté sur le fait que la politique du ministère ne changerait pas après ce départ d’Ángyán. Le nom de son remplaçant n’a pas encore été dévoilé.

 

Des rumeurs courent sur des personnes ayant déjà intégré le gouvernement … Reste à voir si elles s’avéreront vraies …

Rita Szabó

 

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