« Rentre à la maison »

Propagande à destination des jeunes Hongrois

 

Ce sont ces mots que des organisation de jeunes proches du Fidesz martèlent dans le cadre d’une campagne de propagande visant à orchestrer le retour au pays de ceux qui, faisant le constat de perspectives d’avenir désastreuses, ont quitté la Hongrie.

 


 

Ces différentes démarches ont le mérite de soulever un réel problème quant à l’émigration massive de jeunes diplômés hongrois, ou encore de travailleurs, voyant leurs perspectives d’avenir lourdement affectées ces dernier temps. Il apparaît incontestable que le taux de chômage élevé des jeunes (27%) ainsi que la rémunération de sortie pour des professions aussi diverses que celles de médecin, ingénieur, professeur ne plaident absolument pas en faveur d’un enthousiasme quelconque à rester en Hongrie. L’immense majorité des étudiants hongrois, même pour les plus fortunés d’entre eux et ceux dont les parents constituent l’etablishment, se laisse alors aller à un discours très critique envers leur pays, allant jusqu’à le détester. La tâche de l’actuel gouvernement se veut donc délicate et rude, l’enjeu du problème étant tout bonnement celui de la survie du système éducatif hongrois et d’une diversité de corps de métiers, en bref d’anticiper et d’éviter le chaos du système économique et social hongrois.

Alors, pour dissuader les hongrois de quitter leur pays, plusieurs choix se posent. D’abord, celui fait par les jeunes proches du Fidesz qui, il faut bien le dire à leur décharge, ne disposent pas des moyens susceptibles de régler cette grave situation de crise. Les clips de propagande tournés par ces jeunes vantent les atouts de la Hongrie, notamment dans ses aspects gastronomiques, culturels et psychologiques. Il faudrait donc que l’expatrié hongrois se décide à rentrer au pays dans le but de retrouver ses habitudes quotidiennes et surtout pour raviver la flamme de son sentiment national. C’est malheureusement un peu maigre comme argument, voire insultant pour ceux qui, bien que tiraillés et attristés, n’ont d’autre choix que de quitter leur patrie afin de trouver l’émulation intellectuelle et sociale à laquelle ils aspirent. Ensuite, les mesures prises par le gouvernement sont essentiellement de dissuasion, par exemple le remboursement des frais de scolarité dû aux diplômés faisant le choix de partir à l’étranger pour leur premier emploi. Enfin et surtout, les mesures profondes en terme de salaire, de sécurité sociale, de droit du travail ne sont pas à l’ordre du jour. C’est pourtant celles-là qui permettraient de pallier réellement au problème posé, sans être obligé de s’adonner à d’interminables tirades sur l’amour de sa patrie, certes saine, mais dont le résultat politique est plus que discutable.

Yann Caspar

 

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