Menace sur les transports

L’affaire BKV suite...

Il n’est pas un jour où la BKV (société des transports en commun de Budapest) n’enregistre des centaines de pannes dans ses bus complètement dépassés par le temps et rouillés. Sur les 1300 bus qui assurent le transport en commun dans la capitale, 300 à 400 font l'objet chaque jour de réparations. La situation est la même pour le métro.

 


Dans les rames de métro des pannes parfois dangereuses sont constatées, engendrant des arrêts d'urgence en plein tunnel. Le parc de transports en commun de Budapest est aujourd’hui à bout de souffle et si les bus et métros circulent encore, c’est grâce à l’expérience et aux compétences du personnel de la BKV. Des freins qui brûlent, des portes et des fenêtres qui ne ferment plus, des moteurs dégageant de la fumée à l’allure d’une cheminée, des bruits et grincements inquiétants et l’absence de chauffage dans les véhicules sont devenus aujourd’hui le quotidien des Budapestois. István Tarlós, maire de Budapest, a appelé l'Etat à sauver l'entreprise de la faillite. Dans l’une de ses déclarations faite à la presse, Tarlós insiste sur la gravité et l'urgence de la situation. Mais malgré ses appels répétés au gouvernement, le Maire ne voit pas les choses évoluer, au contraire la situation s’aggrave . La BKV a jusqu’au 30 janvier pour rembourser une dette de 30 milliards de forint (sur 70 milliards au total) mais n'a aujourd'hui pas les ressources adéquates.

Négligences

Au delà du fait que le nombre de bus en état de circulation a chuté de 40%, d'autres difficultés sont à prendre en compte dans la situation de la BKV :  les réserves en carburant ne pourront dépasser les deux semaines et il n’est pas certain que les employés de cette compagnie pourront percevoir leur salaire de février. Et pourtant cette situation ne date pas d’hier, de nombreuses institutions financières ayant déjà tiré la sonnette d'alarme au cours des dix dernières années. Elles ont déjà eu l’occasion d’exprimer leurs avis sur l’éventualité d'un dépôt de bilan de l’entreprise.
La BKV assure le déplacement de 1,3 millions de personnes par jour. Elle peut donc compter sur des rentrées budgétaires de 55 milliards de forints par an. Mais une partie de son budget vient d'être revu à la baisse puisque l’Etat suspend sa subvention. «  Nous demandons à l’Etat de nous octroyer les 22 milliards qui nous reviennent et de débloquer les 32 milliards gelés que la BKV ne reçoit plus à cause de la politique de György Matolcsy » a ainsi déclaré István Tarlós au moment où Viktor Orbán a annoncé d’augmenter les prix des transports en commun.  

Des conséquences graves

Une des premières conséquences générée par cette situation de  crise est que la BKV vient de résilier son contrat avec Général Providencia, son assureur depuis plusieurs années.
Le gouvernement hongrois continue toutefois de faire la sourde oreille alors que le Maire de Budapest se débat  pour sauver l'entreprise, en estimant que la solution aujourd'hui est dans les mains de Viktor Orbán. Il ne se dit prêt à négocier désormais qu'avec ce dernier.
Il est certain qu'une telle faillite aura des conséquences graves et irrémédiables. «  Si la BKV fait faillite, les infirmières ne pourront pas se rendre dans les hôpitaux, les fonctionnaires ne pourront pas aller au bureau, les écoliers, les étudiants et les enseignants dans leurs écoles et universités. Dès lors, tout la vie publique sera bloquée » a averti István Tarlós.
Hamid Hammad   
 

 

Articles: 
field_vote: 
Votre notation : Aucun(e) Average: 3 (2 votes)