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Mes flâneries hongroises


By JFB - Posted on 13 décembre 2011

Le charme de l'éclectisme populaire

C'est en bonne compagnie que j'ai arpenté les rues populaires et attachantes du XIIIème arrondissement qui recèle des pépites architecturales et des petites boutiques parfois mieux cachées que l'or au milieu des cailloux.

 



C'est une visite qui se commence sur le körút, Szent István plus précisément, au numéro 14 plus exactement. C'est là que se trouve le Vígszínház, aujourd'hui théâtre d'opérettes, bâti en 1896 par les deux architectes les plus renommés de la Monarchie en matière de construction de théâtres, Fellner et Helmer. Le bâtiment représente le plus pur style classique jusque dans la salle de rouge et d'or vêtue. Je continue ma promenade le long du körút, vers le Danube, en essayant de gérer la difficulté de ne percuter personne tout en gardant les yeux levés sur les sublissimes façades de la rue. C'est un vrai festival pour les yeux : au numéro 13, la maison Haggenmacher parée d'ocre ; au numéro 12, c’est un délicat vert amande ; au numéro 10, la maison Weisz avec sa guirlande somptueuse de fleurs Art Nouveau ; au numéro 5, le Nádor Udvar à la façade ciselée et un jour de chance, il faut aller admirer l'intérieur du numéro 15 aux reliefs Art Nouveau et aux coursives de carreaux de ciment.

Nous arrivons à l'angle du körút et de Pozsonyi út où, telle une sentinelle, la maison Palatinus semble faire le guet devant le Danube. Cette maison a été construite en 1911 après que le comte Palatine ait été dépossédé de l'île Marguerite. L'Etat hongrois lui a donc offert le terrain en compensation. Nous poursuivons dans la rue Pozsonyi, qui comme le reste de notre promenade, se montre d'un éclectisme saisissant. Les styles architecturaux s'y côtoient, mélangeant le pire comme le meilleur. Mais c'est aussi ce qui rend ce quartier extrêmement attachant et vivant. Rien n'est figé ici, les mamies hongroises vont faire leur marché quotidien avec leur cabas sous le bras, les mamans promènent les bébés dans les poussettes et les papas jouent avec leurs enfants dans les parcs quand de jeunes citadins pressent le pas pour ne pas rater le tram. Peu de touristes traînent leurs guêtres dans le secteur en tout cas. Deux haltes s'imposent sur Pozsonyi, une première au Café Briós (numéro 16), endroit cosy où les enfants peuvent jouer tranquillement à l'étage et la deuxième à la librairie jeunesse bien connue des hongrois, Pagony (numéro 26) où l'on trouve une sélection judicieuse de livres colorés et de jouets astucieux.

Mais le parc Szent István se dresse déjà devant nous et sait se montrer bien agréable parmi tout ce béton. Pour sûr (j'aime bien cette expression désuète ... ), il est bien plus accueillant aux beaux jours qu'en ce jour triste et froid mais aussi beaucoup plus surpeuplé. Et là, une pause s'impose au numéro 38 de la rue, dans le superbe Café Dunapark où il est possible de manger, de prendre un petit déjeuner, un goûter, une glace et de profiter du soleil en terrasse dès qu'il fait beau. En sortant, nous tombons sur un magasin Vom Fass (Szent István Park) qui propose un choix d'huiles d'olives, de vinaigres et d'alcools plutôt originaux. Le quartier fourmille de boutiques originales et design (qui parfois ferment aussi vite qu'elles sont ouvertes), comme Pure Home Design (Hollán Ernô utca 22) pour des objets déco design comme son nom l'indique ou Mamami Bolt (Tátra utca 12/B) une des rares boutiques de Budapest à proposer des couches lavables pour bébé et autres merveilles écolo.

Sur Hollán Ernô utca, le cinéphile ou le curieux se doit de passer au numéro 7 qui abrite le Odeon-Lloyd Mozi, un vieux cinéma devenu également une immense vidéothèque et où il est possible de boire un verre dans un café au charme suranné. Une sélection étrangère et hongroise de qualité est proposée, tant en films qu’en DVD.

Cette promenade dans le XIIIème ne serait pas vraiment complète sans un tour au marché Lehel sur Lehel tér. Ce n'est certainement pas le plus beau marché de la ville (encore que son bâtiment soit d'un design particulier) mais il reste l 'un des plus authentiques. Parmi les commerçants professionnels, des pépés et des mémés de la campagne présentent leurs plus beaux fruits et légumes encore pleins de terre et ici, la saisonnalité est encore plus de mise qu'ailleurs. Nous sommes vraiment au coeur de ce qui fait le charme si particulier de ce quartier ...

Juliette Monroche

 

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