Un investissement spectaculaire

Un village pour surendettés

 

Le gouvernement a pour projet de construire un parc de plus de 400 logements sociaux à proximité de Budapest, destinés aux personnes surendettées, venant de perdre leur appartement. Ce projet ne remporte pas l’unanimité ; pour certains, il isole et met à l’écart les plus défavorisés, risquant ainsi de se tranformer ce village en ghetto.

 


 

A l’heure actuelle, les champs situés à la frontière des villages d’Ócsa et d’Alsópakony, à 30 km de la capitale hongroise, n’accueillent qu’une simple colonie de lapins. On y trouve également deux sites archéologiques et, à proximité, l’autoroute, très passante. Pourtant, c’est dans cette zone que le gouvernement a choisi un terrain de 132 hectares afin d’y construire des logements sociaux pour les surendettés qui se voient dans l’obligation de quitter prochainement leur appartement. 

Le gouvernement souhaite démarrer les travaux en octobre pour les terminer au printemps 2012 : l’investissement est estimé à 15 milliard de forints. Le projet architectural prévoit des constructions de structure légère, avec une surface habitable de moins de 50 m2 pour la majorité des logements. Les maisons seront entourées de jardins, où il sera possible de cultiver des légumes et des fruits et même d’élever de petits animaux domestiques. Pour l’instant, les terrains ne sont raccordés qu’au réseau électrique ; il reste à établir les raccordements en gaz et en eau. De plus, l’objectif est de pouvoir relier cette agglomération aux infrastructures voisines en prévoyant : une piste cyclable menant à la gare, un accès à l’autoroute et la proximité d’un arrêt de bus. Le projet comprend également la construction d’un magasin, d’un cabinet médical, d’une église et d’une école primaire puis maternelle dans un deuxième temps. En attendant, les établissements scolaires voisins pourront accueillir les enfants nouvellement arrivés.

 

Autre alternative?

Ne loger qu’environ 400 familles semble tout de même dérisoire, comparé aux 142 000 endettées qui n’ont pu honorer leurs « quittances » depuis plus de 90 jours. D’après le site « hvg.hu », 57 000 appartements pourraient être vendus aux enchères d’ici à la fin de l’année 2014. Et ce chiffre pourrait encore augmenter. L’État souhaite encore acheter 5000 appartements pour une valeur totale de 20,5 milliards de forints (environ 70 millions d’euros). Ce qui signifie que le reste des familles endettées, en difficulté devra chercher une autre alternative.

La société urbanistique hongroise (MUT) a, de son côté, étudié le projet et publié un rapport plutôt défavorable au projet gouvernemental. Bien qu’elle soit d’accord sur le fond avec cette initiative, elle dénonce un projet urbanistiquement, économiquement et socialement défaillant. Elle souligne surtout que le complexe isolerait ses habitants des lieux de travail. De plus la possession de terres cultivables ne déclenchera pas automatiquement des savoir-faire agricoles. Les maisons seront trop petites pour les familles. La MUT présume ainsi que l’État a choisi ce terrain essentiellement parce qu’il était déjà en propriété publique. En dépit de ces critiques, il est peu probable que le gouvernement change d’avis. Le village d’Ócsa a déjà modifié sa réglementation en matière d’urbanisme pour se mettre en conformité avec le projet publié, et le concours architectural a déjà été lancé.

Judit Zeisler

 

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