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Plongeon littéraire


By JFB - Posted on 16 juillet 2007

 

Les Livres du JFB

 

Hongrie, 1956. Sans un mot d’explication, Katalin quitte sa famille et se réfugie à l’Ouest.

Son mari Kálmán vend alors sa ferme et ses terres et commence à parcourir la Hongrie avec ses deux enfants, Kata et Isti.

Tandis que Kálmán sombre dans la mélancolie et fuit le quotidien en se réfugiant dans ses pensées, Kata et son petit frère se créent un monde imaginaire. Seuls les moments passés ensemble au bord des lacs et des rivières leur permettent de vivre des moments de grâce et de légèreté. L’eau, le fait de nager et de voir leur père nager, les fascine et leur permet d’oublier le départ de leur mère, la tristesse de leur père.

Mais l’eau menace tout autant qu’elle les séduit : dès le début du roman, la tension est latente. On ressent qu’un drame va se produire et que cette eau qui soulage et fascine en sera un élément clé. Très vite, on ressent insidieusement que l’errance de cette famille de ville en ville a un but : c’est la mort. Isti ne finit-il pas par mourir du milieu liquide où lui et sa soeur se sentent pourtant le mieux ?

Les thèmes abordés ici n’ont rien de gai mais la sobriété de l’écriture, la pudeur des sentiments, créent une atmosphère très particulière.

Jeune journaliste allemande d’origine hongroise, l’auteur, Zsuzsa Bánk, a réussi, avec ce premier roman Le Nageur, à construire un univers singulier et vrai. Son roman, encensé par la critique littéraire allemande et française, a reçu de nombreux prix, dont les prestigieux «Aspekte Literatur-Preis» et «Deutsche Bücherpreis» récompensant le meilleur premier roman de l’année.

Pour terminer, et tenter de vous convaincre de lire ce roman a priori pas très gai (!), je terminerai par une citation de Péter Nádas, grand écrivain hongrois contemporain, qui disait du Nageur : «Bánk a écrit un roman profondément hongrois en langue allemande, un roman sur une époque qu’elle n’a pourtant pas vécue (...) Une histoire authentiquement hongroise telle que personne n’a su l’écrire en hongrois (...) Elle retrace un destin personnel dans un contexte historique (...) qu'elle ne peut connaître que par l’Histoire, et non par le vécu (...) L’audace de Bánk, c’est de nous permettre de voir ou de lire dans la conscience de millions de réfugiés et émigrants hongrois (mais aussi des migrants de tous les temps et de tous les lieux) (...). A aucun moment, dans ce roman remarquable, l’auteur ne s’interdit un double regard sur les choses.»

Clémence Brière

Le Nageur, de Zsuzsa Bánk

Poche (Seuil),

mars 2005- 313 pages

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