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Le gouvernement devrait révéler une partie des mesures au grand public d’ici mars. C’est donc l’occasion pour nous de dresser un petit état de la situation actuelle telle que perçue par la majorité des analystes.

Tout d’abord, en plus de toute autre considération, l’aspect temporaire des mesures budgétaires prises jusqu’ici par le gouvernement implique une augmentation de l’écart budgétaire à partir de 2013 et donc, si rien n’est fait, l’augmentation du rapport entre le PIB et la dette publique la même année. Une situation que la Hongrie ne peut pas se permettre financièrement car sa dette publique est trop élevée.

En ce qui concerne la solution qui consiste à réduire la dette en utilisant une partie des fonds de pension récupérés par le gouvernement, l’expérience d’autres pays prouve qu’il n’est pas difficile d’inverser la réduction de la dette de 5 % du PIB et de revenir au même montant en quelques années. Ce qui est important, c’est que cette réduction soit accompagnée de mesures structurelles de manière à assurer sa pérennité.

Quant aux taxes sectorielles spécifiques, elles peuvent avoir un effet négatif sur le climat des affaires et créer une distorsion puisqu’elles touchent certains secteurs en particulier. De plus, elles peuvent aussi avoir un effet négatif à court terme sur la croissance car elles peuvent être répercutées sur les prix des services commercialisés par les sociétés concernées et donc affecter le budget des ménages et des PME. Enfin, elles peuvent en plus avoir un effet négatif sur le long terme car la Hongrie est très dépendante des Investissements Directs Etrangers, pas seulement du point de vue des investissements financiers, en termes de placements, mais au niveau des investissements directs des grandes entreprises qui sont programmés aujourd’hui mais ne prendront effet que d’ici quelques années.

Du fait du climat actuel, certains de ces investissements pourraient ainsi ne pas être réalisés à l’horizon 2013-2014. Il faut donc être très prudent en ce qui concerne les projections pour les années à venir et espérer que le gouvernement donnera prochainement des signaux positifs de sa détermination à créer un contexte favorable pour une croissance durable. Pour le moment, l’étendue des mesures qui seront prises reste difficile à cerner. On sait qu’elles toucheront plusieurs secteurs importants, dont la Santé et les prestations sociales, et que certains avantages accordés aux employés du secteur public ont déjà été réduits ou supprimés. Le gouvernement travaille aussi sur la création de nouvelles taxes. On parle, entre autres, d’une taxe sur les aliments et les boissons réputés nuire à la santé lorsqu’on les consomme en grande quantité ( sodas, junk food... ), une piste qui risque d’être riche en observations amusantes. En tout état de cause le gouvernement se prépare déjà à de vives polémiques alors même que les citoyens, dans leur grande majorité, se disent prêts à contribuer à la réduction de la dette publique qu’ils jugent eux aussi dangereuse. Chez les observateurs, la tendance est donc à l’optimisme prudent, voire très prudent.

Xavier Glangeaud

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