Aujourd’hui dans l’histoire

Depuis 1849, le 6 octobre est considéré comme un jour de deuil national. Suite à la Révolution de 1848, une immense vague de vengeance a déferlé sur la Hongrie, atteignant son paroxysme le 6 octobre 1849 avec l’exécution des fameux “treize martyres d’Arad”. La vague des exécutions est tout d’abord passée par Pécs, avec l’assassinat de Gábor Vertike et János Szilva, deux soldats de haut rang, puis par Budapest, où le Compte Lajos Batthiány, Premier Ministre pendant les jours sanglants de 1848, et Imre Fekete, chef des forces guérillas furent exécutés. Les troupes autrichiennes ont ensuite gagné Arad (actuellement en Transylvanie). Les quatre premières victimes, Ernô Kiss, Arisztid Dessewffy, József Schweidel et Vilmos Lázár, furent fusillées à l’aube. Furent ensuite exécutés l’aristocrate austro-allemand Ernô Poeltemberg et Károly Leiningen-Westerburg, les bourgeois allemands György Láhner et Lajos Aulich, le serbe János Damjanich, le croate Károly Knézich. Les bourgeois hongrois étaient représentés par Ignác Török et József Nagysándor et l’aristocratie hongroise par Károly Vécsey. L’identité des victimes indique la diversité de la Monarchie et la complexité des causes qui ont menées aux événements de 1848. Ce moment de l’histoire hongroise est un jour de deuil non seulement national mais aussi pour toute la région.

Le 6 octobre 1951, Radio Free Europe/Szabad Európa Rádió lançait sa première émission à destination de Budapest. Cette radio, dont la création avait été décidée par le Congrès des Etats-Unis après la Guerre afin d’informer la population des pays oppressés au-delà du rideau de fer, représentait une tribune idéologique et politique et était censée donner espoir aux auditeurs. Les programmes étaient écrits et compilés par des émigrés hongrois et constituaient «une fenêtre ouverte vers le monde caché de l’Ouest», selon les mots de l’écrivain Sándor Márai. Radio Free Europe a proposé des programmes en hongrois jusqu’en 1993

Le 15 octobre 1944, le Parti des Croix fléchées, autrement dit le Parti Hungariste, prenait le pouvoir en Hongrie après avoir fomenté un coup d'État contre le gouverneur Horthy. Le parti, qui avait été interdit, a ainsi préparé sa prise de pouvoir dans la clandestinité. Après que le gouverneur Horthy eut annoncé à la radio les pertes du IIIe Reich et le cessez-le-feu, les dirigeants hongrois, choqués, ne savaient pas comment réagir. Les sympathisants du Reich et les Allemands, en revanche, attendaient ce moment-là pour attaquer, selon un scénario bien planifié. Le soir-même, Ferenc Szálasi s’emparait donc du pouvoir et les forces du Parti des Croix fléchées occupèrent les points stratégiques de la capitale. Le nouveau gouverneur annonça à la radio la reprise de la guerre aux côtés des Allemands et ordonna l’exécution des juifs sur la rive du Danube à Pest, commémorée par l’installation de chaussures en bronzes près du Parlement en 2005. Pendant les 170 jours qui ont suivit, les Hongrois ont vu leurs pires cauchemars devenir réalité : les déportations reprirent, les ghettos étaient assaillis par les membres des croix fléchées et Budapest fut pratiquement détruite dans les attaques aériennes des forces russes.

Le 5 octobre 1926 décédait la célèbre actrice Mari Jászai. Née dans une famille pauvre en 1850, tout comme une autre célèbre actrice, Mária Krippel, elle débuta sur les planches à Székesfehérvár puis à Budapest au Théâtre National. Son talent pour jouer la plus grande variété des passions l’a élevée au rang des actrices les plus célèbres dans l’histoire du théâtre hongrois. Elle a joué entre autre vingt rôles Shakespeariens, des héroïnes grecques et elle fut la première Eva dans la Tragédie de l’homme de Imre Madách.

Kinga Neder

 

Source image Croix fléchées: www.academic.ru

Sourec image Jszai Mari: www.tortenet.oszk.hu

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