EXPO: István Hajdu

Du surnaturalisme au pop art et à l’hyperréalisme, la toute dernière exposition de la galerie Judit Virág présente des oeuvres très éclectiques de plusieurs peintres hongrois. C’est un important chapitre de l’art hongrois que ce lieu magique, avec ses grandes espaces en plein coeur de Pest, nous invite à revisiter. Cette exposition ambitieuse relie ainsi les années 1950 à l’art contemporain, en présentant de jeunes talents, à travers plusieurs courants “figuratifs”. EIle met en lumière à quel point la photographie est devenue un vecteur incontournable dans l’histoire de la peinture contemporaine.

On retrouve en outre quelques maîtres également présentés à Beaubourg dans l’exposition Les promesses du passé, qui retrace les dernières 60 années de la création artistique en Europe centrale et orientale. Les commissaires y ont repris l’idée de Walter Benjamin pour exprimer la discontinuité de cette période. A Budapest le discours inaugural, prononcé par l’historien d’art István Hajdu, nous fait découvrir une certaine continuité – les lecteurs intéressés pourront d’ailleurs retrouver en français son analyse sur les courants artistiques de l’époque.

Cette exposition est dédiée à des artistes-peintres hongrois dont plusieurs ont émigrés en France. Nombre d’entre eux sont revenus en Hongrie lorsqu’il y ont perçu la possibilité d’y créer en liberté et non pas selon des modèles et écoles imposées.

Les destructeurs d’image de László Gyôrffy est son personnage de bande dessinée est emblématique d’une approche où le grotesque et l’ironie frôle le tragique. Le peintre fait parti de la jeune génération, de même qu’Éva Köves qui, depuis qu’elle a été découverte à la Biennale de Venise, reprend les variations de natures mortes utilisant des photos. Les lieux communs visuels renaissent de manière sophistiquée dans l’art de Kinga Hajdú, dont on découvre une nature morte avec des roses et un très beau nu.

Autre époque, autre approche que celle du légendaire groupe Iparterv (ainsi nommé suite à l’exposition organisée en 1968 dans l’auditorium d’une société de construction). Nous retrouvons les toiles de quelques protagonistes comme László Lakner, Siskov Ludmil et Gyula Konkoly, avec sa surprenante Vierge au marché et son paysage de La Manneporte près d’Etretat. La mer, ou plutôt une bataille navale, apparaît également sur une toile de Tibor Csernus, qui commence à peine à être connu dans son pays natal depuis quelques années seulement. Des citations, comme celles qui habitent La Mythologie de Tamás Soós et d’autres tableaux de qualité, illustrent principalement deux tendances figuratives.

En sortant de la galerie, au coin de la rue une vue imprenable sur le Danube nous accueille: le coucher de soleil incendie le ciel. Le peintre László Fehér prend aussitôt une photo que nous reverrons peut-être prochainement, métamorphosée, sur une de ses toiles.

Éva Vámos

 

Virág Judit Galerie et Vente aux enchères

Ve arrt. Falk Miksa utca 30

Ouvert de 10:00 à 18:00 du lundi au vendredi; de 10:00 à 13:00 le samedi

István Hajdu. Esquisse des quarante dernières années de l’art hongrois Revue Nouvelle Alternative, juin-septembre 2006

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