En vélo entre les capitales culturelles

Simon Wintermans, Néerlandais vivant à Pécs depuis 14 ans, vient de rentrer en Hongrie après avoir parcouru 6500 km à vélo en trois mois, au cours d’un voyage entre les trois capitales culturelles européennes en 2010, Essen (Allemagne), Pécs (Hongrie) et Istanbul (Turquie). Il a réalisé le défi seul et sans assistance, devant chaque jour trouver la force de prendre la route. Il nous a confié quelques détails de son aventure.

«Le but de mon aventure était de découvrir s’il existe une unité européenne, de voir à quel degré les populations du vieux continent se connaissent et quelles sont leur opinion des nations qui les entourent», a déclaré au JFB cet homme qui vit avec son épouse hongroise et leurs trois enfants à Pécs (sud de la Hongrie) depuis 1996. «Je dois dire que l’unité européenne dans le sens propre du terme n’existe malheureusement pas encore car trop de stéréotypes et d’images négatives restent ancrées auprès des différentes populations, alors que dans la plupart des cas elles ne sont même plus vraies», a ajouté Wintermans.

«Lors de mon voyage de trois mois, que j’ai réalisé seul à vélo, j’ai traversé 17 pays et je dois dire que l'accueil et l'ambiance étaient plus chaleureuses dans les pays que mes amis hongrois et occidentaux me déconseillaient de traverser, à savoir la région des Balkans», a-t-il souligné. «Au Kosovo, j’ai pu dormir en plein air, sans avoir le moindre problème. En Serbie, des familles pauvres m’ont invité à manger et à passer la nuit chez elles. En Macédoine, on ne m’a jamais laissé payer quoi que soit et un prêtre orthodoxe m’a invité à dormir dans une abbaye. C’est aussi en Macédoine, au Kosovo et en Bulgarie que j’ai croisé les plus beaux paysages et découvert quelques villages anciens très jolis, comme Krusevo en Macédoine et Melnik en Bulgarie».

Cet aventurier ordinaire veut écrire un livre racontant cette expérience et présentant les gens qu’il a rencontrés, avec qui il a discuté de politique, de culture et d’histoire: du professeur d’université au maire d’un village ou d’une petite ville en passant par le paysan ou le simple citoyen d’une localité quasi inconnue.

«Si en Grèce, j’ai perçu une certaine animosité à l’encontre des Turcs et des Macédoniens, la population était malgré tout très accueillante également. Enfin, je trouve que l’idée de choisir des capitales européennes de la culture est une initiative cruciale pour mieux se connaître, et j'encourage tout le monde à aller visiter les pays voisins en vélo, à découvrir des villages, sur des routes secondaires, afin de rencontrer “la vraie vie” et “les vraies valeurs” de ces populations», a-t-il conclu avant d’ajouter: «Je tenterai volontiers de nouveau l’aventure entre les futures capitales culturelles européennes, mais avec d’avantage de soutien financier. Dans le cas de ce trajet, devineriez-vous quelle a été la ville la plus généreuse? ...Istanbul».

Bálint Seres

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