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Les prochaines élections municipales

La date des élections municipales, le 3 octobre prochain, avait été fixée par l'ancien Président de la République, László Sólyom, soit la première date possible selon le calendrier officiel comme il avait l’habitude de faire. Selon tous les sondages, le Fidesz gagnera également largement ces élections.

En juin dernier le Parlement a modifié la procédure électorale, réduisant la campagne électorale de 72 à 60 jours. Le nombre des députés représentant les autorités locales a également été considérablement limité, conformément aux promesses du Fidesz lors des élections législatives. Selon les analystes politiques, cette nouvelle structure électorale, rendant plus difficile les critères des candidatures (la période pour recueillir le nombre de bulletins de recommandations nécessaires pour se présenter sera limitée), réduira le nombre des députés, diminuant ainsi la proportion des candidats sur liste, et sera très avantageuse pour le parti majoritaire, le Fidesz. Selon ce dernier, de grands débats seront attendus dans des localités où des résultats très serrés avaient été réalisés lors des élections du printemps dernier ou là où les municipalités sont toujours aux mains de l’opposition. Selon Orsolya Szomszéd, analyste du Nézôpont Intézet, l’opposition politique est trop divisée et ne pourra donc pas unir ses forces pour modérer un tant soit peu la victoire probablement écrasante du Fidesz. Trop peu de temps s'est écoulé depuis avril dernier et, même si la direction du parti socialiste a connu un certain rafraîchissent, les nouveaux visages n’apporteront sans doute pas encore les fruits attendus. Attila Mesterházy fait tout ce qu’il peut, il l’a fait aussi lors de l'élection précédente, mais les résultats de ces efforts devront vraisemblablement attendre encore quelques années.

La bataille la plus vitale sera sans doute celle pour le poste du maire de Budapest. Gábor Demszky, après 20 ans d’hégémonie, laisse la place à de nouveaux candidats. István Tarlós (Fidesz) (Lire son portrait page 2) et Csaba Horváth (MSZP) feront tout pour attirer le plus de votes possible. Toujours selon les experts politiques, Tarlós devra simplement évoquer les résultats et les succès déjà rencontrés par le Fidesz pour assurer sa victoire finale. Il devrait par exemple évoquer le système abrégé et modernisé de la procédure électorale, la réduction du nombre de députés au Parlement et au sein des autorités locales qui engendreront, selon le Fidesz, des économies importantes, ce qui devrait satisfaire les contribuables hongrois. Par ailleurs il ne manquera pas d'évoquer la liste des tâches qui attendent le Fidesz, à commencer par les négociations avec le FMI, mais aussi le programme politique des 29 points, dont l'un des objectifs fondamentaux est la création d’un million d’emplois, et les réformes qui conduiront à une baisse des impôts qui, selon lui, devrait toucher de manière positive le futur budget de la capitale.

Voici quelques unes des promesses majeures d’István Tarlós s'il devenait maire de Budapest:

- Résoudre le problème et mettre fin à la présence de sans abris dans les rues de la capitale.

- Stabiliser la situation financière de la capitale en rationalisant le rapport entre recettes et ressources.

- Résoudre le problème financier récurent de la compagnie de transport de la capitale, le BKV, en redorant en outre son prestige d'autrefois.

- Résoudre la situation chaotique des parkings à Budapest, rendant transparent et efficace le fonctionnement des sociétés qui s’en occupent et équitable la procédure des appels d’offres.

En cas de victoire, Tarlós serait secondé par Antal Rogán, qui occuperait la fonction de maire adjoint. Celui-ci ne se représentera donc pas à la mairie du Ve arrondissement afin de se concentrer sur la nouvelle tâche qui l’attend. Imre Pesti, député parlementaire, expert et consultant en développement urbain, sera sans doute le second maire adjoint de Budapest.

Face à ce trio, le candidat du MSZP, Csaba Horváth, a surtout pour mission d’atteindre un résultat correct et d'éviter que la catastrophe des élections d'avril dernier ne se répète, bien que ses chances soient très minces.

L’une des promesses de Horváth, prononcée bien avant le début officielle de la campagne électorale, était de rendre les services du BKV gratuits. Bien évidemment peu de monde avait pris cette promesse au sérieux, d'autant que la société se trouve dans une crise financière grave. En revanche, ce sur quoi les deux candidats semblent tomber d'accord, c'est la finalisation dans les meilleurs délais de la ligne 4 du métro et une plus grande tolérance envers les plus pauvres, Budapest étant «la ville de la liberté, de la tolérance et l’endroit idéal pour la cohabitation multiculturelle».

Le 3 octobre prochain reproduira-t-il un raz de marée orange ou une petite surprise se produira-t-elle à l'échelle individuelle lors de ces élections municipales? Telle est la question.

Bálint Seres

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