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La nouvelle «Déclaration sur l’entente nationale» , la NENYI, sorte de manifeste du parti Fidesz dont le gouvernement Orbán a obligé l’affichage dans tous les bâtiments publics en juin dernier est devenu un objet apparemment très motivant et qui semble dynamiser la créativité des Hongrois.

Les NENYI-stes créatifs…

Le Társaság a Szabadságjogokért (TASZ - Société pour le droit à la liberté) a récemment publié plusieurs versions possibles de la déclaration, afin que chacun trouve la NENYI qui convient le mieux à sa personnalité. Ainsi peut-on afficher, chez soi ou sur les arrêts de bus, des déclartions dont les arrières plans sont les unes des images socialistes, d’autres le portrait de Pál Schmitt tenant des biscuits vaniliás karika»(rondelles à vanille) en guise de lunettes ou encore la photo du Premier Ministre Viktor Orbán en famille.

La mairie centrale de Budapest a affiché cette déclaration sur la clôture du bâtiment principal accompagnée d’une feuille blanche, invitant les citoyens à exprimer librement leur opinion de façon démocratique. L’Institut Politique Eötvös Károly, dirigé par László Majtényi, l’ex-président de la Commission nationale hongroise de la radio et de la télévision, l’a quant à lui décoré de fleurs en plastique d’une «très manière esthétique pour montrer le bon exemple», comme il l’a souligné dans son communiqué. Le MSZP a quant à lui déposé une proposition de loi au Parlement afin d’obliger l’affichage du portrait de Viktor Orbán dans toute les institutions publiques.

... et les NEM-istes passifs

Le bureau du Président de la République a simplement décidé de ne pas placarder la feuille jusqu’au 6 août, date marquant la fin de la présidence de László Sólyom. Un mouvement portant le nom de NEM (Mouvement de Désobéissance Nationale) s’est formé sur Facebook afin de motiver les mairies à ne pas afficher la déclaration. Un autre groupe suggère aux citoyens de dessiner des chiures de mouche sur les NENYI, faisant ainsi référence au roman tchèque Le brave soldat Chvëik. Dans l’histoire de Jaroslav Hasek, Pavilec, restaurateur de son état, explique à l’agent secret Bretschneider qu’il a été obligé de décrocher le portait de François-Joseph, le dernier empereur de la Monarchie Austro-Hongroise, car «les mouches chiaient dessus», et qu’il ne voulait pas avoir d’ennuis à cause de cela…

Judit Zeisler

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