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Success story


By JFB - Posted on 31 mai 2010

C’est une équipe hongroise qui a remporté la compétion pour la conception du musée des arts de Maribor, en Slovénie, l’une des trois capitales européennes de la culture en 2012. Rencontre avec les architectes Tamás Lévai et Ágnes Jószai.

Tamás Lévai a le vent en poupe. Architecte du pavillon hongrois de l’exposition universelle de Shanghai (lire article page 8), il a remporté, en avril dernier, la compétition pour la conception du musée des arts de la ville slovène de Maribor, appelée à être capitale européenne de la culture en 2012. «Nous avions déjà remporté un concours en Hongrie : la conception d’un musée à Szentendre qui s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet autour des anciennes frontières de l’Empire Romain, la Ripa Pannonica, soutenu par l’UNESCO. Mais c’est en effet la première fois que nous remportons une compétition internationale».

A Shanghai le pavillon préexistait au projet et son travail a consisté à en concevoir non pas la structure mais le design, sur la base d’une théorie scientifique et mathématique, qui a servi de point de départ à cet aménagement. Le projet de Maribor est en revanche une approche plus classique d’implantation d’une architecture dans un environnement donné. En effet, l’emplacement du futur musée de Maribor se trouve à la frontière entre deux quartiers, la ville historique d’une part et d’autre part de nouvelles zones urbaines, et se situe le long de la Drava, le fleuve qui traverse la ville. Trois facteurs qui ont déterminé l’échelle, la disposition du bâtiment, mais aussi la circulation des habitants et des visiteurs dans et autour de lui, et qui amené Tamás Lévai et Ágnes Jószai à proposer un projet qui poursuit le tissage de cette trame urbaine à la fois dense et ouverte. Ces éléments ont donc en quelque sorte dicté la forme de ce futur musée, qui se développe selon deux axes.

Vu de l’extérieur, on distingue d’un côté un espace “ouvert” qui attire l’attention, idéal pour les évenements, la communication du musée, et qui bénéficie en outre d’une vaste place donnant sur la Drava. Par opposition à cet espace, la zone du musée dédiée aux programmes pour enfants est plus “introvertie” et protégée, quoique ouverte sur l’extérieur à travers l’aménagement d’un espace de jeu en plein air. Chacun de ces espaces est exclusivement minéral, à l’exeption de quelques arbres qui ponctuent la surface, et sont par ailleurs en étroite connexion via un corridor qui fonctionne tel une rue entre ces deux zones. Le rez-de-chaussée du musée est en effet une zone entièrement ouverte, ce qui lui permet de s’intégrer et de prendre part à la vie urbaine. Les espaces intérieurs du musée se situent au-dessus de cette zone publique, avec laquelle elle communique grâce à de grandes baies vitrées qui donnent sur la ville et le fleuve. Les espaces dédiés à l’administration sont quant à elle maintenues en retrait.

L’ensemble du musée bénéfice de la lumière naturelle, y compris les espaces dédiés aux expositions situés au cœur du bâtiment. «Les musées n’ont en général besoin que de cubes blancs dotés de lumière artificielle. Mais en tant que visiteurs, nous avons besoin de cette lumière et de son atmosphère. Nous avons donc choisi d’avoir recourt à la lumière naturelle également dans les espaces d’exposition mais de façon indirècte». La surface du musée, uniformément blanche, est en outre constitué d’une résine qui réfléchit la lumière, « comme une peau mouillée ». Une idée en outre renforcée par la proximité de l’eau. Cette proximité a également permis aux architectes d’envisager pour ce bâtiment des solutions durables en terme de consommation énergétique. En effet, c’est l’énergie de la Drava toute proche qui permettra de couvrir les besoins en air-conditionné. La production d’eau chaude résultera quant à elle du placement de panneaux solaires sur le toit de l’édifice.

Originaire de Veszprém, Tamás Lévai dit avoir retrouvé à Maribor des élements d’échelle et de composition du tissu urbain similaires à sa ville d’origine. C’est peut-être l’une des raisons pour lequelles sa sensibilté a si bien su se déployer sur les bords de la Drava. Espérons maintenant que, contrairement à d’autres projets architecturaux hongrois, de Pécs à Budapest, celui-ci ne tombe pas à l’eau…

Frédérique Lemerre

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