Expo: Ödön Márffy

Une explosion de couleur et de lumières surprend le visiteur de l’exposition Márffy à la fondation Kogart. Cette rétrospective réunit des toiles qui évoquent les débuts parisiens de l’artiste – peu connues – et les oeuvres représentatives de son parcours. On y découvre tour à tour l’influence des maîtres post-impressionnistes et celle des Nabis. Ce n’est pas une célébration officielle – et pourtant c’est une véritable fête que l’on doit à ce maître de la peinture hongroise. On retrouve en effet les œuvres d’Ödön Márffy dans les grands musées mais également chez les collectionneurs.

Il était reconnu de son vivant mais a connu une longue période difficile après la guerre car on trouvait sa peinture trop cosmopolite en Hongrie. Aujourd’hui on redécouvre toute la richesse de son œuvre à travers une abondante documentation présentée à la fondation Kogart. Dans un cabinet on est invité à écouter sa voix via des enregistrements radiophoniques accompagnés d’images dans un documentaire réalisé pour l’occasion. L’auteur du catalogue est le commissaire de l’exposition Zoltán Rockenbauer qui a eu l’idée d’organiser au même moment une autre grande exposition dédiée à Csinszka au MODEM, Musée d’Art Moderne de Debrecen.

Les Hongrois connaissent Csinszka grâce aux poèmes d’Endre Ady, car elle était la muse et le dernier amour du poète qui écrivit pour elle: «J’ignore en mes jours hasardeux Quand briseront nos liens Mais je prends ta main; dans mes Yeux Je garde le reflet des tiens.» (adaptation Michel Manol). Mais Csinszka s’est également vue immortalisée dans l’art pictural de Márffy car, toute jeune veuve, elle est devenue la muse puis l’épouse du peintre.

Après les Beaux-Arts de Paris il devient membre fondateur du Cercle des Impressionnistes et des Naturalistes (MIÉNK). C’est avec eux qu’il expérimente les couleurs contrastées de Matisse, Derain et Braque.

En tant que membre du groupe d’artistes d’avant-garde les Huit, il participe à des expositions sur lesquelles le poète Ady a également écrit. Les baigneuses – une très belle toile à ne pas manquer – fait scandale à l’époque. Après la guerre, vers la fin des années 1920, il subit l’influence de Kokoschka et des expressionnistes allemands. Plus tard, le mariage avec Csinszka, le bonheur, la douceur de vivre dans une maison entourée d’un jardin et un atelier rempli de lumière lui ont inspiré l’harmonie rêvée, des toiles moins éruptives, très décoratives – appréciées par la classe moyenne en Hongrie. On remarquera en lui un paysagiste brillant, qu’il s’agisse du lac Balaton ou bien d’un lac de montagne en Suisse. Mais on aperçoit également de belles femmes dans ses intérieurs, puis de nombreux portraits, et enfin les clowns et tout le milieu du cirque, symbole éternel de l’art.

L’exposition est accompagnée par une série de programmes variés, y compris des visites guidées avec excursion jusqu’à Debrecen, des conférences et des expériences culinaires.

Éva Vámos

 

Kogart Ház

VIe arrt., Andrássy út 112

Jusqu’au 1er août, tlj de 10:00 à 18:00

www.kogart.hu

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