Une hirondelle ne fait pas le printemps

Les hirondelles sont en voie de disparition en Hongrie. Un triste constat attesté par les résultats des recherches menées par l’Association hongroise de l’ornithologie et de la protection de l’environnement.

Selon les chiffres récemment publiés par l’Association hongroise de l’ornithologie et de la protection de l’environnement (Magyar Madártani és Természetvédelmi Egyesület), entre 1999 et 2009 le nombre des hirondelles dites de fenêtre a baissé de 65%, celui des hirondelles rustiques de 44% et celui des hirondelles de rochers de 30%. Si cette tendance se maintient, ces différentes espèces pourraient complètement disparaître en Hongrie d’ici 2020.

Si les causes de cette diminution sont multiples, la raison principale est sans doute la transformation de l’habitat. Durant la dernière décennie, le système des élevages familiaux a presque totalement pris fin en Hongrie. Il en résulte que les hirondelles rustiques, qui représentent la plus grande population parmi les trois espèces d’hirondelles en Hongrie et qui avaient l’habitude de construire leur nid sur les parties protégées des étables et autres bâtiments agricoles, se trouvent privées de leur habitat traditionnel. En outre, en milieu urbain, de plus de plus d’immeubles sont pourvus de diverses protections métalliques pour empêcher la nidification de ces oiseaux. Aussi n’est-il pas rare de voir des propriétaires de maisons familiales détruire les nids des hirondelles. La baisse du nombre des hirondelles est aussi provoquée, entre autres, par la démoustication urbaine et la pollution de l’air. Par ailleurs, certaines conséquences du changement climatique, comme la multiplication de périodes extrêmement sèches et d’autres particulièrement pluvieuses, ont de sérieux impacts sur la vie de ces oiseaux migrateurs.

Ayant réalisé le danger que représente la disparition des hirondelles, l’Association hongroise de l’ornithologie et de la protection de l’environnement a élu les hirondelles «oiseaux de l’année 2010» et a annoncé plusieurs programmes de protection de ces oiseaux. L’association a également mis en ligne une base de données (www.fecskefigyelo.mme.hu) qui permet de recueillir des informations précises sur l’évolution du nombre de ces oiseaux. L’association compte sur l’aide de la population civile et espère ainsi obtenir des données particulièrement importantes dans la recherche et la protection des hirondelles. Ce n’est pas la première banque de données mise en ligne par l’association. D’autres sites construits dans le même esprit avaient déjà eu du succès, par exemple celui consacré à la cigogne blanche contient plus de 85.000 données et photos, publiées par plus de 100 informateurs.

Máté Kovács

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