Vous êtes iciBons Baisers du Moineau Masqué

Bons Baisers du Moineau Masqué


By JFB - Posted on 28 décembre 2009

Bon c'est fait ! J'ai opéré le catapultage au-dessus de la mare aux poissons et me voici encore de l'autre côté.J'ai volé américain (American AL) juste pour le plaisir de célébrer mon retour en savourant une délicieuse salade OGM, un sauté de poulet OGM, un triangle de caoutchouc jaune répondant à l'attribut de "cheese" de ce côté de l'atlantique (les experts en paléontologie trancheront), le tout arrosé d'un "Pas-St Emilion-du tout-Coke 2009" qui a défaut d'avoir de la cuisse en donne de la cuisse...Je me suis donc abstenue sur le Donut tout lustré de Corn Syrup, benoîtement en embuscade derrière le cheese à la jaunisse.

 

Trop de bonheur...

Un voyage sans encombre aucun...Un décollage chaotique sous une pluie battante, un passage par Londres qui m'a paru la Cité Fantôme tant il y avait de brouillard, beaucoup de turbulences au-dessus de l'Atlantique ce qui nous a valu de garder la "seat belt on" la plupart du voyage. D'où quelques épisodes cocasses de rétention aiguë d'urine par surdosage en Diet Coke de la middle-aged américaine sevrée après 15 jours de trip to Europe. Donc, quelques sprints mémorables dans les couloirs de l'avion dans les rares intervalles de temps où nous avions le droit de nous détacher. La chef de bord, à mi-chemin entre une mère supérieure de couvent et une altérophile teutonne de la grande RDA, a été intraitable...

Ne manquait plus que la mièvrerie hollywoodienne de rigueur que je n'aurai loupé sous aucun prétexte. 1 heure et 41 minutes plus tard, je sortais de là la gélatine neuronale en mode off, embuée par une bonne bluette des familles avec baiser ventouse en baisser de rideau...

Enfin les côtes américaines. Le temps était redevenu calme dans une belle nuit noire sans nuages. Nous avons surplombé Boston la sage, avec ses rangées lumineuses impeccablement disposées bordant de grands espaces verts. Nous avons vu se dessiner les contours de l'île de Cape Code ceinturée de ses phares aux lumignons giratoires et Martha's Vineyard un peu plus au large. Puis Long Island.

Enfin, au loin, sortant de la nuit, les piquetis lumineux et désordonnés de la fière Manhattan et le gigantesque anneau de lumière sub-urbaine à ses pieds.

Le pilote, américain, nous a posé à plat, comme un pot de chambre et puis s'est senti obligé de faire le kéké parce qu'on lui avait installé des nouveaux freins sur son beau Boeing.

On s'est arrêté sur 12 mètres ce qui a aggravé considérablement le problème de vessie de l'ensemble des passagers et provoqué une sortie d'avion prenant plutôt des allures d'évacuation sanitaire sur le tarmack.

Passage à la douane. Les 4 doigts de la main droite, le pouce droit, les 4 doigts de la main gauche, le pouce gauche, la photo avec une tête à pleurer. Le mot magique: Yale. Ca fait 3 fois que je passe la douane américaine avec mon visa de Scholarship et 3 fois que ça prend 3 minutes en comparaison à mes "non-american citizens" compagnons de voyage. Il y a des mots magiques comme ça : Harvard, Stanford, Yale, Columbia...

Je prends le métro vers downtown Manahattan; Ligne E, Jamaïca Station vers World Trade Center. Je cours comme une dératée dans la diagonale de Grand Central tout en m'engueulant avec ma valise qui se traîne pour ne pas louper le dernier train pour New Haven de 10:22 PM, plateform 17 et je n'ai pas le temps de saluer ce lieu mythique avec son horloge à la bouille toute ronde autour de laquelle la terre entière se donne rendez-vous et l'immense drapeau "Stars and Stripes" descendant du plafond.

Je me jette littéralement dans le train à la fermeture des portes tout en continuant de souffler sur les braises de ma relation haine-amour avec ma valise de 16 kgs.

Je retrouve mon Crin-Crin-Tu-Tu-Tortillard côtier  façon RER en pire. 2 heures pour faire 90 kms, qui dit mieux ! Même la brave Micheline bicolore des années 70 (crème et rouge) puant le mazout qui nous amenait fièrement en pétaradant de Saintes à Royan chez mon Adeline de grand-mère faisait mieux...

De la gare, je prends un taxi. Séquence Gospel "I love Jésus". A cette heure-ci, j'suis plus très sure. Arrivée maison 1h du mat, - 4°C, début décembre 2009, New Haven. Il n'a pas encore neigé.

Florence Ader

Votre notation : Aucun(e) Moyenne : 3 (5 votes)
Étiquettes

Publicité

 

Le JFB sur Facebook

 

Syndication

Syndiquer le contenu