Revue de presse

La guerre de Sajóbábony

 

Des Rroms et des membres de l’extrême droite se sont affrontés les 14 et 15 novembre à Sajóbábony. Ils ont brisés les vitres d’une voiture et molesté un député du MSZP.

 

 Les tensions étaient montées d’un cran le 14 novembre lorsqu’une trentaine d’hommes portant un uniforme semblable à celui de la Magyar Gárda avaient rejoint la réunion du parti radical Jobbik dans le village de Sajóbábony, au Nord-Est de la Hongrie, près de Miskolc. Ils avaient refusé de laisser les habitants rroms du village participer à cet évènement. Le lendemain, deux rroms ont menacé puis s’en sont pris physiquement au député socialiste qui avait autorisé l’organisation de ce programme. Suite à cette altercation, un député Jobbik a appelé la police tout en avertissant plusieurs centaines de membres de la Uj Magyar Gárda, le successeur de la Magyar Gárda après sa dissolution par les tribunaux. Les hostilités ont commencé suite à leur arrivée, quand les Rroms s'en sont pris à la voiture de l'un des membres de la Új Magyar Gárda.

La police a fermé les routes autour de la ville et est parvenue à faire cesser la bagarre entre les deux groupes en quelques heures. Pourtant, suite à cet événement, la police a porté plainte contre 11 Rroms mais seulement deux membres de la Új Magyar Gárda. Selon la Société pour le droit à la liberté (Társaság a Szabadjogokért, TASZ), les autorités ne traitent pas les deux groupes dans le respect de l’égalité. Elles ont ainsi préféré feindre d’ignorer que les extrêmistes portaient les uniformes, pourtant interdits, de la Magyar Gárda et avaient adopté un comportement mençant à l’égard de la minorité rrome. La police s'est expliqué en soulignant que les habitants de Sajóbábony ne s’étaient plaints que des Rroms.

Selon les estimations, environ un quart des 3000 habitants de Sajóbábony sont Rroms. Or l’opinion publique de ce village est de plus en plus méfiante et vindicative à l’égart de cette minorité après qu’un Rrom ait assasiné un retraité du village en 2008. La mairie socialiste (!) de Sajóbábony avait proposé au Parlement de rétablir la peine de mort, proposition pour laquelle elle a vaitrecueilli 1/3 des voix des habitants. «Après l’assasinat, nous avons pensé que les Rroms allaient se taire. (…) Ici, 90% des criminels appartiennent à cette minorité» a affirmé le maire, Imre Nagy (MSZP), l’année dernière.

(Élet és Irodalom, HVG, Magyar Narancs)

 

Budapest: parking à réorganiser

La Cour Constitutionnelle a jugé non-conforme à la constitution la réglementation actuelle du parking payant à Budapest. Dans sa décision, parue le 17 novembre, il constate que l’ordonnance ne contient pas assez de détails sur les moyens de percevoir les amendes. Le fait de confier cette responsabilité aux autorités locales est une faute au regard de la Cour Constitutionnelle car celles-ci ont tendance à vouloir augmenter le nombre d'amendes afin de réaliser des bénéfices. La règlemenation actuelle ne peut rester en vigeur que jusqu’au 30 juin 2010. Si, faute de consensus, les députés sont incapables de modifier la réglementation avant le délai prescrit, le stationnement pourrait devenir gratuit dans la capitale hongroise l’été prochain. Ce fut le cas à Rome en 2008, mais le stationnement, étant devenu brusquement gratuit, il y eut un tel chaos, que les habitants ont eux-même demandé à rétablir le système payant.

La situation à Budapest est d’autant plus complexe que le contrat signé entre plusieurs municipalités d’arrondissement et la société Centrum Kft, chargée de gérer le stationnement, a expiré le 24 septembre dernier. Le VIIIe arrondissent n’a pas renouvelé le contrat et a décidé de gérer elle-même le stationnement sur son territoire, après avoir dû verser 2 millions de HUF d’amende pour avoir organisé un concours favorisant illégalement la société Centrum Kft. Cependant, certaines mairies d’arrondissement ont prolongé le contrat avec cette société, et ce malgré les scandales de corruption, fréquents dans cette entreprise. Actuellement l’autorité des douanes et des finances mène une enquête à l’encontre la société soupçonnée de fraude fiscale. C'est le parti libéral Lehet Más a Politika (LMP) qui a porté plainte contre l'entreprise Centrum Kft pour avoir fourni de faux documents dans le dossier présenté à la mairie centrale de Budapest où l'entreprise cherchait à proposer une augmentation forfaitaire des contraventions.

(Index, Origo, Népszabadság, Világgazdság)


Renconstruction de l’Académie de Musique

En décembre, l’Académie de Musique fermera ses portes jusqu’en 2011. Le bâtiment sera restauré pour 11 milliards de HUF, le double de la somme utilisée pour la construire il y a 102 ans. Elle est aujourd’hui en si mauvais état que certains éléments de décoration y sont fixés au scotch. Lors des travaux, la salle de spectacle, le système de climatisation et de chauffage, ainsi que le département consacré à l’enseignement seront modernisés en conservant le style Art Nouveau original. Le dernier concert avant la fermeture, des quatuors de Brahms, aura lieu le 28 novembre prochain.

(Index, MTI, Népszabadság)

 

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