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Visages politiques: László Andor


By JFB - Posted on 27 novembre 2009

László Andor, candidat du gouvernement hongrois au poste de commissaire européen, a fait ses études à l’Université des sciences économiques de Budapest où il est devenu professeur de politique économique. Il a également étudié à l’Université de l’État du Wisconsin ainsi qu’à Manchester, où il a obtenu son master en 1993. Après avoir travaillé pendant deux ans au sein de l’Institut de recherches sociétales et économiques des syndicats, il devint rédacteur en chef de la revue trimestrielle Eszmélet (Conscience), un journal culturel et sociétal de gauche.

 

En 1998 et 1999, il était expert de la commission parlementaire du budget et des finances ainsi que chercheur, entre 2002 et 2005, de l’Institut d’histoire politique. Son attachement au parti socialiste (MSZP) devint plus manifeste en 2003 lorsqu’il est devenu conseiller au sein du Bureau du Premier Ministre (MEH) et, quelques années plus tard, vice-président de la section économique du MSZP. En 2004 et 2005, il travaillait pour un institut de recherches économiques, nommé Kopint-Datorg, avant que Ferenc Gyurcsány, alors Premier Ministre, ne le délègue à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Il est membre de sa direction et représente notamment les intérêts de la Tchéquie, de la Slovaquie, de la Croatie et de la Hongrie.

La candidature de László Andor a suscité de vives critiques de la part des partis de droite hongrois qui ne le considèrent pas apte à devenir commissaire européen, à cause notamment de son manque d’expériences dans les organisations internationales. Pour autant, László Andor n’est pas un économiste inconnu dans les pays étrangers: il avait obtenu des bourses de recherches en Grande-Bretagne, en Norvège et aux Pays Bas et a enseigné aux États-Unis. Il a participé à plusieurs études économiques internationales portant sur la transition des PÉCO dans les années 1990 et a publié plusieurs ouvrages sur le processus d’intégration de la Hongrie à la communauté européenne. Ses grandes compétences sur les questions de transition économique et de développement régional peuvent porter à croire qu’il sera nommé commissaire de politique régionale, se chargeant ainsi de l’un des portefeuilles les plus chers à la Hongrie.

Les idées économiques de László Andor incarnent des valeurs chères à la gauche. Il martèle par exemple l’importance pour les États d’avoir une politique économique très active et la nécessité pour les gouvernements de contribuer à l’élimination des différences entre les citoyens. Il considère que le capitalisme tel qu’il se pratique à l’ère de la mondialisation est un modèle économique qui a besoin de corrections et qu’il faut donner plus de pouvoir aux organisations internationales qui prennent en compte les intérêts de tous les pays membres. En même temps, il a plusieurs fois vilipendé les actions de l’OTAN ces derniers temps à propos de la guerre en Irak, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les partis de droite hongrois ne soutiennent pas sa candidature.

En ce qui concerne la situation économique de la Hongrie, László Andor a fait de nombreuses propositions au parti socialiste, au gouvernement depuis 2002, pour que celui-ci lutte contre les erreurs et problèmes apparus depuis le changement de régime en matière d’égalité des chances. De son point de vue, une certaine élite de la société s’est enrichie durant les 20 dernières années sans que d’autres couches, en particulier les minorités, puissent à leur tour profiter des richesses du pays. Il considère en outre que la gauche hongroise manque encore d’une politique sociétale cohérente, basée sur les valeurs traditionnelles de gauche. Selon lui, le gouvernement devrait mettre l’accent sur le développement des régions les plus défavorisées qui manquent de main-d’œuvre qualifiée et, par conséquent, ont peu de chances d’attirer des investisseurs. De son avis, ce n’est pas uniquement à l’Union européenne de résoudre les problèmes économiques des pays membres, mais aux gouvernements eux-mêmes d’avoir une juste vision de leurs tâches en vue de la modernisation de leur pays.

Anna Bajusz

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