La presse étrangère en voie de disparition?

Spécial anniversaire : 1989, 20 ans après

Il existe actuellement de moins en moins de journaux en langue étrangère en Hongrie. Or, jadis, leur marché était beaucoup plus fructueux…

Au moment du changement de régime, la présence des journaux étrangers en Hongrie était quasi négligeable. Avant 1989, le quotidien bilingue Daily News / Neueste Nachrichten appartenait à l’Agence de Presse Hongroise (MTI). C’était l’un des deux quotidiens qu’un étranger avait la possibilité de lire en Hongrie. L’autre journal, le Budapester Rundschau, était financé par le Ministère des Affaires Étrangères. Ce dernier avait été fondé en 1977 et a existé jusqu’en 1989. Puis, en 1999, il est devenu le supplément de l’hebdomadaire Pester Lloyd.

Depuis, la mauvaise situation financière des médias hongrois n’a pas épargné la presse en langue étrangère. Le Pester Lloyd par exemple – quotidien entre 1854 et 1945 qui a continué à exister sous une forme hebdomadaire en 1994 – vient de cesser la publication de sa version imprimée, de même que le Budapest Week et le Budapest Sun, les deux grands journaux en langue anglaise. Pourtant, les sites en ligne du Pester Lloyd et du Budapest Sun fournissent encore des informations à leur lecteurs.

Au maximum six quotidiens ont pu coexisté en Hongrie mais, en cette fin d'année, il n’y en reste que trois: le Budapest Business Journal (BBJ), devenu un bihebdomadaire, le Budapester Zeitung et le The Budapest Times, devenu un hebdomadaire (sans oublier le Journal Francophone de Budapest, votre bimensuel en langue française).

Le fondateur et directeur du Budapest Times, Jan Mainka, a évoqué dans une interview donnée au magazine Kreatív que ces journaux ont but d’informer les hommes d’affaires venant en Hongrie mais qui ne parlent pas hongrois.

Même si la presse souffre aujourd’hui – et que, selon certains, elle tend à disparaître –, ce sont les versions en ligne de ces médias qui survivront certainement car elles sont de plus en plus populaires pour plusieurs raisons: d’abord parce que ces sites sont en général gratuits, d’autre part parce que leurs informations sont actualisées plus régulièrement. Ainsi, la publication des journaux (en langue étrangère) ne serait plus profitable pour leur éditeur. Il y a pourtant un facteur intéressant non négligeable: l’État hongrois a un intérêt dans la présence de ces médias – afin que les investisseurs étrangers puissent lire et comprendre les événements politiques et économiques en Hongrie , mais il ne les aide pas financièrement.

Timea Ocskai

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