Le Petit Palais met en scène l’œuvre de Károly Ferenczy et sa « modernité hongroise »

Le Petit Palais met en scène l’œuvre de Károly Ferenczy et sa « modernité hongroise »

Károly Ferenczy

Depuis le 14 avril, et jusqu’au 6 septembre, le Petit Palais honore la Hongrie à travers l’un de ses plus fiers représentants : Károly Ferenczy. L’institution parisienne, en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Budapest, a conçu une exposition immersive pour faire découvrir aux curieux de la capitale française, l’œuvre de cet artiste à la confluence des styles et des inspirations.

Károly Ferenczy

« Aussi célèbre en Hongrie qu’il est méconnu en France, Károly Ferenczy est une figure majeure de la modernité en Europe centrale. » C’est par ces mots que les spectateurs commencent leur immersion dans l’univers atypique de l’artiste. Ils sont nombreux, en ce deuxième jour de mai, à avoir poussé les portes du Petit Palais et à s’être procuré un sésame pour l’exposition ; intéressés par l’art, peut-être ; curieux, certainement.

Tous les profils de spectateurs sont présents pour cette exposition : des aînés, des jeunes inspirés et des aspirants artistes. Seuls quelques enfants ont troqué les aires de jeux extérieures pour l’exposition ; grand bien leur en a pris, car ils ont pu suivre un parcours de visite dédié, immersif et très réussi.

Une vie en trois actes

Les curieux entament cette balade dans l’esprit du peintre par une salle récapitulative de sa vie. Les conservateurs y exposent les grandes dates de son existence, ses faits marquants et ses relations. Les visiteurs sont ensuite conviés à découvrir l’œuvre de Károly Ferenczy à travers une succession de trois parties : « un artiste en devenir », retraçant son enfance et ses débuts ; puis « un artiste accompli », où l’on découvre des tableaux de sa période de Nagybánya ; et enfin ses « ultimes expérimentations », consacrées à ses œuvres de fin de vie.

Károly Ferenczy

Au cours de ce parcours, les visiteurs peuvent admirer près de 140 toiles de l’artiste : des nus, des tableaux religieux, des paysages, des fragments, ici et là, de son quotidien. Ses œuvres racontent la vie de celui que les concepteurs de l’exposition décrivent comme quelqu’un « ni naturaliste, ni symboliste, ni impressionniste, ni nabi, mais un peu de tout cela à la fois ».

Pour rendre hommage à son style unique, les équipes du musée ont mis en place une scénographie immersive. L’intensité lumineuse varie en fonction des œuvres et des périodes ; les tableaux sont finement éclairés afin d’attirer l’œil vers les couleurs vives des toiles.

Comme un air de premier mai

L’atmosphère de l’exposition est très agréable. Les bavardages apaisés de ce long week-end de la fête du Travail confèrent à l’exposition une ambiance sonore plaisante. La salle est animée. L’assemblée est moins studieuse qu’à Budapest, certes, mais elle est loin d’être désintéressée. Public français oblige, chacun y va de son petit commentaire.

Károly Ferenczy

Le tableau « La fête de mai » illustre cette ambiance détendue. En France, le 1er mai est un jour férié, historiquement dédié aux manifestations syndicales. Si aujourd’hui cette tradition de lutte est peu à peu remplacée par une journée de repos et de loisirs, certaines habitudes persistent. Un groupe de gardiens, tous étudiants en art, débat de ses futures conditions de travail ; plus loin, une étudiante en sociologie critique la politique française. La galerie devient un lieu de rencontre et d’expression, inspiré par les créations d’un artiste qui aura cherché son inspiration partout en Europe centrale.

Cette exposition au Petit Palais est accessible jusqu’au 6 septembre 2026, au prix de 17 € (tarif réduit : 15 €). Le JFB ne peut que recommander ce magnifique hommage des équipes du Petit Palais à l’art hongrois. Pour les récompenser, la Hongrie semble avoir envoyé son meilleur ambassadeur pour faire parler d’elle en France.

Paul Rabeisen

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