Budapest Photo Festival : Women's Eyes
Depuis sa création en 2017, le Budapest Photo Festival est un rendez-vous immanquable pour les amateurs de photographie. Le festival présente un panel d’expositions en tout genre allant de la photographie hongroise à la photographie internationale. Cette année, il nous tient à cœur de mettre en avant une exposition en particulier présentée lors du festival “Women’s Eye”.
Au XXIᵉ siècle, la place des femmes dans le monde de la photographie est de plus en plus reconnue avec des expositions entièrement réalisées par des femmes ou uniquement composées de photographes féminines comme l’exposition “Underexposed : Women Photographers from the Collection” composée de 100 œuvres du dernier siècle, allant du photojournalisme au documentaire au portrait. Cette exposition vise à démontrer comment les femmes ont contribué à l’histoire de la photographie durant le siècle dernier. Cependant, comme on le sait très bien depuis des siècles, les femmes ont été réprimées et limitées dans l’exercice de leur profession, et la photographie ne déroge pas à la règle. À moins d’être célibataires ou divorcées, elles étaient enchaînées à l’espace domestique. Mais pas que on leur donnait beaucoup moins de visibilité et de légitimation que leur homologue masculin. Malgré leur place de pionnières dans l’histoire de la photographie, avec des noms comme Constance Fox Talbot qui, avec son époux, a participé au développement de la photographie lors de sa création dans les années 1840. On peut également citer Anna Atkins, figure emblématique et pionnière de la photographie. Les femmes ont donc autant que les hommes participé à la création et au développement de la photographie. Mais depuis plus d’un siècle elles ont été repoussées au second plan et trop peu reconnues face à leur réel apport à l’histoire de la photographie pendant plus d’un siècle. C'est donc pour cela qu’il est maintenant important de mettre en valeur les photographes qui ont été des pionnières, mais également celles qui actuellement continuent à participer au développement de cet art et qui, malgré des avancements, restent toujours moins mises en avant que leur homologue masculin. On peut prendre l’exemple de l’une des agences photos les plus reconnues au monde, Magnum Photos, qui est composée de 16 femmes sur les 98 membres qui composaient l’agence en 2022 (source Aperture magazine).

Je souhaite donc vous parler et vous présenter une exposition en particulier du Budapest Photo Festival, intitulée “Women’s Eye”. Cette exposition est le premier “open call” international de l’histoire du festival. Un open call, c’est un appel à la participation de quiconque qui souhaiterait soumettre son travail et donc peut-être être présenté à l’exposition. Cette logique participative permet une ouverture et une opportunité à des photographes qui ne sont pas forcément reconnus dans le milieu ou présents dans une agence. Son ouverture internationale permet en plus de cela une présence de femmes photographes venant toutes de pays, cultures et histoires différentes représentant presque les cinq continents.
De plus, comme inscrit implicitement dans le titre de l’exposition, “Women’s Eye” est une exposition composée uniquement de femmes photographes. On l’a bien compris lors de la présentation : cette exposition ne vise pas uniquement à représenter le réel à travers l’œil de ces femmes. Mais plutôt représentait des questionnements que chaque être humain pourrait se poser et comment les représenter au travers de la photographie.
L’une des photographies qui nous a le plus marqué est celle de Fabienne Gil Pareides. La photo qu’elle présente au cours de cette exposition fait partie d’une série de photos qu’elle a réalisées en Espagne entre 2024 et 2025 et qu’elle a nommée “l’Espagne de mon enf(r)ance”. Nous avons la chance de nous entretenir avec elle et qu’elle nous explique son travail et comment elle veut retranscrire ces origines espagnoles dont on n’a jamais vraiment parlé dans sa famille après leur exil en France. Elle veut renouer avec ses racines et mieux comprendre l’histoire de sa famille pour mieux se connaitre elle-même. Si ces sujets vous intéressent, il y a bien d’autres histoires différentes auxquelles vous pouvez vous intéresser si vous vous rendez au 1088 Budapest, Bródy Sándor u. 10. fszt. 1. L’exposition est ouverte à tout le monde et gratuite. Les horaires d’ouverture sont le lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 8 heures jusqu'à 15 h 30 et sera présent jusqu’au 5 mai.
Nathan Guillemin