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Jobbik
En passe de gouverner !
Le 29 octobre 2011, le parti nationaliste hongrois, le Jobbik (“Mouvement pour une meilleure Hongrie”) tenait son 8ème congrès à Budapest. Son président, Gábor Vona, a informé les quelques 600 délégués réunis sur place, et venant de toute la Hongrie, du travail parlementaire accompli lors de l’année écoulée. Selon ce dernier, le Jobbik monte progressivement en puissance et s’apprête à gouverner le pays. “Le Jobbik doit, en tant que parti, devenir une force de gouvernement et, en tant que mouvement, construire une société organique basée sur des valeurs, prendre le pas sur les structures sociales en train de se désintégrer”.
À l’instar de ce qui existe en Russie, le Jobbik souhaite créer les institutions qui fourniront à la Hongrie ses cadres de demain : une académie destinée aux jeunes gens talentueux, “les Petits-enfants d’Attila”. Ces jeunes seraient soutenus par des subventions et des bourses d’études et formés par les meilleures universités du pays.
Terreur à Gyöngyöspata
Le 6 mars dernier, le Jobbik a organisé une manifestation qui a rassemblé 2000 à 3000 personnes dans le village de Gyöngyöspata, situé au nord-est de Budapest. Le parti d’extrême droite aurait organisé cette marche « pour la protection des Hongrois » après le suicide d'un vieil homme qui aurait mis fin à ses jours après avoir été harcelé par des Roms.
Bilan 2010
Janvier
Désordre dans le parti de l’ordre - Financement du parti Jobbik
Le bureau du Procureur général a débuté une enquête après avoir relevé des anomalies autour du financement du parti nationaliste Jobbik. Si, avec plus de quatre ans de retard, le parti s'est empressé de publier le compte rendu de ses rapports financiers annuels, l’identité de ses donateurs reste toujours secrète. Toutefois les montants reportés semblent bien sous-estimés. Selon ces rapports, le revenu annuel de Jobbik n’atteindrait que 2 à 3 millions de HUF, sauf en 2007 lorsqu'il n'aurait pas dépassé 655.000 HUF. Il est difficile d’imaginer comment un parti peut rencontrer une popularité à l'échelle nationale avec un budget proche de celui d'un retraité, budget par ailleurs insuffisant pour construire et entretenir un site Internet convenable. D’après les calculs d'experts en marketing, le HVG a estimé les dépenses de la campagne des élections européennes du parti à au moins 100 millions de HUF, ce qui signifierait un énorme changement par rapport aux années précédentes.
“Une solution européenne”
“Le centre pour l’ordre public” du Jobbik
Le candidat du Jobbik à la mairie de Miskolc, Márton Szegedi, souhaiterait exclure les Roms criminels récidivistes de la ville et les parquer dans un camp.
Le Jobbik, pas seulement un parti
Est-il encore nécessaire de présenter le Jobbik? Ce parti radical d'extrême droite, entré au Parlement lors des dernières élections législatives en avril dernier, souhaite notamment faire renaître auprès du peuple hongrois le sentiment de la Grande Hongrie historique et inciter la population à se révolter contre les injustices du traité de Trianon. Ce parti dispose en outre d'une base de sympathisants considérable, ce qui se traduit dans des enseignes qui portent haut les valeurs du parti.
Visages politiques: Krisztina Morvai
Krisztina Morvai, juriste et juge, a fait ses études à l’Université Eötvös Loránd (ELTE) de Budapest ainsi qu’à l’Université de Londres. Elle a enseigné à la faculté de droit de l’Université du Wisconsin en 1993 et 1994 et travaillé à Strasbourg en 1995 en tant que juriste du Comité Européen des Droits de l’homme. Entre 2002 et 2006, elle était la déléguée hongroise du Comité pour la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes au sein des Nations Unies, mais le cabinet de Ferenc Gyurcsány a refusé de la reconduire à ce poste en 2006. Depuis, elle a participé à de nombreuses manifestations contre les partis socialiste et libéral et a accepté de figurer en tête de liste du parti nationaliste Jobbik aux élections européennes de 2009. Ce scrutin lui a permis de gagner un mandat au Parlement européen mais, bien qu’elle soit l’une des figures emblématiques du mouvement Jobbik, elle n’a officiellement toujours pas rejoint ce parti.



