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Kenizé Mourad, une princesse entre Orient et Occident


By JFB - Posted on 23 avril 2007

Kenizé Mourad, une princesse entre Orient et Occident

Kenizé Mourad, une princesse entre Orient et Occident

Journaliste au Nouvel Observateur, spécialiste du Moyen-Orient et du sous-continent indien, Kénizé Mourad a couvert les guerres du Liban, les conflits israélo-palestiniens, indo-pakistanais et du Bangladesh ou encore la révolution iranienne. Outre ses articles pour différents journaux et des émissions pour France Culture, elle est également connue pour ses romans à succès. A l’occasion de la réédition hongroise de son best-seller, De la Part de la Princesse Morte (1987), elle a rencontré ses lecteurs à l’Institut Français de Budapest. Portrait.

Ce roman, traduit en 25 langues et qui s'est vendu à plusieurs millions d’exemplaires, nous emmène bien loin de l'Orient fabuleux et mythifié où règnent les délices des sens. Son auteur, Kenizé Mourad, aurait dû naître princesse ottomane si l’Empire ne s'était effondré bien avant sa naissance. Très jeune orpheline de mère, elle est élevée en France où elle étudie la psychologie et la sociologie à la Sorbonne. Avec ce livre, elle entreprend de partir sur les traces de Selma, cette mère qu'elle n'a pas connue et dont elle tente de retracer l'histoire.

C’est une destinée peu commune en effet que d’être la fille d’une princesse impériale ottomane et d’un radjah indien. A Budapest, elle révèle à son audience le long chemin qu’elle a dû parcourir pour se sentir enfin capable de faire le lien entre les mondes oriental et occidental, capable aussi de renouer avec ses origines et de présenter une page vivante de cette histoire, vue de l’intérieur des palais. C'est grâce à un long travail de documentation - et après de nombreux séjours en Turquie, au Liban et en Inde - qu'elle est parvenue à retranscrire, à "ressusciter" près d'un demi-siècle d'Histoire. De la Part de la Princesse Morte nous emmène ainsi de Constantinople à Beyrouth, où la famille impériale a connu l'exil après l'abolition du sultanat, jusqu'au Paris d’avant-guerre en passant par l'Inde, où sa mère avait dû accepter un mariage de raison avec Amir, le radjah de Badalpur, auprès duquel elle vécut plusieurs années sans jamais se sentir tout à fait à sa place.

«J’ai voulu retrouver qui était ma mère et comment elle avait vécu cet enfermement que les règles de l’Empire ottoman lui avaient imposé» explique Kenizé Mourad. C'est à travers ses recherches et en recueillant de nombreux témoignages auprès de sa famille qu'elle a découvert dans le personnage de sa mère une très grande force de caractère: «elle n’était pas une femme soumise, contrairement à ce que beaucoup prétendaient». Dans son deuxième roman, Le Jardin de Badalpur, elle décrit cette fois les retrouvailles avec son père. Mais s'il y a beaucoup d’éléments autobiographiques dans ses livres, ceux-ci restent toutefois des romans fictions, où l'imagination prend le relais quand la vérité se dérobe.

Elle qui a publié également Le parfum de notre terre, ouvrage qui cherche à «faire entendre des voix de Palestine et d’Israël» , espère «qu’avec le dialogue des civilisations, l’humanité avancera». Son prochain livre aura pour héros une femme musulmane révolutionnaire en Inde. Si Kenizé Mourad a parcouru l’Orient surtout en tant que journaliste, son véritable grand défi est d’écrire des romans. C’est sa liberté acquise, c’est son bonheur.

Éva Vámos

 

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