Szentendre

Qui ne rêve pas de fuir la ville pour la nature ? C’est ce que vous diront de nombreux Budapestois se rendant régulièrement à Szentendre. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, du temps où la commune était moins prisée Szentendre faisait moins rêver. Alors, est-ce son nom semblable à un cri d’oiseau qui donne maintenant envie de s’y envoler ? Ou bien alors son attractive implantation le long du Danube ? Difficile de le savoir. Quoi qu’il en soit, Szentendre est devenue une alternative à la capitale à tel point qu’il est dorénavant incongru d’envisager un long séjour à Budapest sans visiter sa petite sœur touristique…

Rien qu’entendre son nom chantonné par le speaker du train reliant la mégalopole à la petite ville est un passeport pour l’exotisme… Mais rien de tel que son voyage lui-même pour s’en rendre véritablement compte. En l’espace de 30 minutes, l’imposant gris couleur béton habillant le cœur de Budapest laisse place à un charmant petit poumon vert. Ici, la fumée crachée par les cheminées s’est évaporée, tout comme les imposants monuments d’époque et immeubles résidentiels. Des maisons pavillonnaires, presque naines à côté des immenses ogres de ferraille les précédents, parsèment l’horizon. Pour leur apporter du relief, des églises viennent se glisser au paysage. Des églises, encore des églises et même une cathédrale ! C’est à croire que Szentendre est en réalité une ville sainte. Si vous croisez un hongrois lever les yeux au ciel au-moment du crépuscule, ce n’est certainement pas pour compter les étoiles mais bien les sommets religieux avant que la nuit ne les évanouisse de son champ de vision. L’observateur aguerri en dénombrera pas moins de neuf. Parmi elles, l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, perchée sur sa colline, ou encore l’église de jaune vêtue, nommée Blagovestenska, présente sur la célèbre place « Fő tér » de la commune sont les plus visibles. Cependant c’est bel et bien derrière elles que se situe la plus connue. Derrière elles et… derrière quelques arbres ornant sa cour, la rendant un petit peu plus convoitée encore, à l’image d’un trésor qu’on enfouit près d’une plage. Entre sa végétation, on peut deviner ses premiers traits ; l’édifice semble rougeâtre, bordeaux même, et sa structure est pratiquement intacte. Il s’agit là en fait d’une cathédrale, la cathédrale serbe de la ville. C’est l’une des seules de cette nationalité à être présente sur le territoire hongrois ; un véritable temple d’histoire. Et son rouge, son rouge si original paraît un brin sobre face aux avalanches de couleur des façades pavillonnaires du quartier piétonnier. Parfois roses, d’autres fois vertes, même orangées par séquence, la commune est un arc-en-ciel architectural qui comporte des histoires toutes aussi hautes en couleur.

Un berceau de la culture hongroise

Onze. Il s’agit bien là du nombre de bâtiments consacrés à la culture au sein de Szentendre, une ville comptabilisant pourtant qu’une vingtaine de milliers d’habitants…  Leur nombre est si important qu’il est pratiquement devenu naturel de croiser une galerie d’art ou un musée à chaque coin de rue du centre-ville.

Au sein de chacun d’eux, fragments d’histoire et collections artistiques en tous genres habillent les lieux et participent au rayonnement de la personnalité si unique de Szentendre. D’un côté, il y a l’important passé historique de la commune, représentée par le « Musée serbe d’Art Sacré » et son exposition sur les cinq siècles de liaison hungaro-serbe au sein de la ville ou bien encore le « musée-confiserie, » nommée Massepain Szabó, révélant les origines des fameux « Szamos Marcipán, » une spécialité nationale, et même le « Musée Nationale du Vin, » retraçant le passif de l’importante région viticole qu’incarne Szentendre et ses environs. De l’autre, il y a des galeries et musées d’art de toutes sortes mettant parfois à l’honneur des artistes locaux et réputés, comme dans la galerie « Erdész », d’autres fois des figures emblématiques de l’art Szentendrois avec le musée « Margit Kovács, » prisée pour sa remarquable collection de céramique, ou bien avec le musée « Kmetty, » consacré au célèbre peintre éponyme « János Kmetty. » En bref, il est impossible de faire bref pour résumer l’immense quantité de lieux s’adonnant à la culture au sein de Szentendre… Ce qui, d’ailleurs, explique certainement ce pourquoi la commune est devenue au fur et à mesure du temps qui passe une importante destination touristique.

Et comment l’imaginer autrement ? En son sein, tout est calme. La ville semble s’être presque endormie mais… dans ses bâtiments culturels, ses histoires grondent toujours. Si bien que la ville est à elle seule un étrange paradoxe et c’est bien pour cela qu’elle attire autant les foules. A l’intérieur, son passé tonne et les visiteurs qui y mettent les pieds en font des tonnes tandis qu’à l’extérieur, Szentendre est exactement comme sa phonétique laisse l’entendre : zen, tendre et…. Unique. Alors oui, comment l’imaginer autrement qu’une véritable attraction touristique ?

Noé Kolanek

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