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L’exposition de Mátyás Oláh au FUGA à Budapest


By JFB - Posted on 14 avril 2018

Voilà une exposition à ne pas manquer tant la maîtrise de cet artiste est grande (époustouflante même), il parvient à nous dire aussi bien son émotion que son rire, la mort que la vie et même les « civilisations » et ce avec une maîtrise absolue quel que soit le support qu’il utilise, ce n’est pas une exposition, c’est à lui, tout seul, un festival qui fait se rencontrer la pierre gravée, le pastel, la peinture à l’huile et les collages.

Le rire, ses épigrammes peints posés en série et qui disent aussi la quiétude du rire : le sourire car son rire n’est pas bruyant, seulement illustration de jeux de mots ( en hongrois) illustrés avec maestria ; sa douleur se perçoit dans le « n’oubliez pas » de ce que furent nos guerres nationalistes, tant en peinture qu’en montages photographiques très dadaïstes, photos où la mort domine, quant à l’émotion, elle se fait vie par des personnages stylisés mais qui révèlent l’âge, le temps qui passe et même la dissolution de cette existence éparpillée et que l’on sent prête à renaître, se re-composer, même si la grisaille s’empare alors de l’œuvre telle un questionnement ; « se re-composer  mais comment ?». Le doute, là, s’installe mais il reste dans « vivant ».


Et puis, il y a ces villes structurées comme squelettes constructivistes qui, eux aussi, attendent de savoir le comment porté aux futuribles incertains, dé-construits.

A cela il faut ajouter « l’exercice de style » pour nous démontrer – sur un sujet apparemment anodin qui pourtant dit la beauté même de la couleur – ajouter donc une collection d’une précision, plus grande encore, dans le détail, que Buffon lui-même : une série d’oiseaux , étranges tant par sa luxuriance picturale que graphique affirmant ainsi la maîtrise du peintre , nous glissant à l’oreille : «  je ne suis pas un faiseur »  aux yeux peu exercés à l’art.

Et enfin, le civilisationnel, retour aux sources que ces pierres gravées avec élégance et finesse qui nous projettent dans un passé enfui, nous disent  tant les écritures sumériennes que les hiéroglyphes, les œuvres inuits, voire des totems qui font runes ou encore les pierres détournées des chinois antiques ... On y voit alors nos passés idéalisés, rêvés même, mais c’est l’œuvre d’un sculpteur-peintre du XXIe siècle.

Oláh nous oblige à voir ce qui nous a faits, ce que nous sommes, même si beaucoup, aujourd’hui, l’oublient. Ses œuvres vont plus loin avec l’art pictural et de la gravure car il « enseigne » nous disant le monde tel qu’il est, sur des accords anciens.  Ces œuvres sont à la fois nostalgiques et réjouissantes...Mais n’est-ce justement cela que la vie.

Jean-Jacques Cavalier

Exposition de Mátyás OLÁH au FUGA inaugurée par Sándor Radnóti  le 28 mars 2018

 – ouverte jusqu’au 16 avril 2018

FUGA  Budapesti Építészeti Központ, 1052 Petőfi Sándor utca 5 ( tel: 361/266 2395)  

 

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