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Rafael Y. Herman : Globe-trotteur et artiste de la Nuit


By JFB - Posted on 20 février 2018

Le Ludwig Múzeum accueille du 15 février au 01 avril 2018 les créations du photographe Rafael Yossef Herman, connu pour son travail sur la lumière de la nuit. Cette exposition présente une dizaine d’œuvres de l’artiste, choisies parmi la série The Night Illuminates The Night (2010-).

Musicien, photographe, peintre, Rafael Y. Herman est un artiste à plusieurs facettes et un homme poussé par sa curiosité, qui l’amène à se déplacer à travers le globe. Grand voyageur, orginaire d’Israël, il séjourne de longues années à New York ; il nous fait d’ ailleurs part lors d’une conférence de presse être déjà venu à Budapest pendant son adolescence en 1989. Dans les années 2000, il se lance dans un long voyage de recherche visuelle qui l’amène à visiter sept pays d’Amérique Latine, où il rencontre à la fois une expérience métropolitaine et une nature conservée de toute contamination. C’est autour de ces années, que son projet « Bereshit-Genesis » voit le jour.


Le projet « Bereshit-Genesis » repose sur la photographie nocturne, dénuée de toute retouche électronique ou de manipulation numérique. Cette méthode issue de sa propre invention révèle aux spectateurs ce que l’on ne peut percevoir normalement à l’œil nu ou sans l’aide de la technologie. Rafael Y. Herman explique à travers l’exemple de certaines de ces œuvres comment la lumière, les couleurs ou encore les ombres diffèrent de ce que nous connaissons habituellement. L’œuvre Saltus III (2010 - photo n° 2) est un parfait exemple de ce jeu d’ombre étrange pris à la lumière de la nuit qui s’oppose aux ombres de la lumière du soleil. En effet, suivant où se trouve l’ombre sur une peinture ou une photographie, nous sommes capables de situer la provenance de la lumière du jour, alors que celle de la nuit positionne les ombres hors des codes artistiques habituelles, ce qui entraînent l’étrangeté de l’œuvre. La lumière de la nuit, qu’elle provienne de la lune, des étoiles ou encore des planètes, donne quelque chose de différent, inconnu à l’œil humain. Souvent, elle crée une atmosphère se rapprochant visuellement de la peinture. Si on prend l’exemple de felix taeda II (2014 - photo n° 5), les couleurs mystérieuses de ce paysage de nuit créent une atmosphère surréaliste, entrainant la photographie à la limite de l’art figuratif et du non-figuratif. Mare 12 (2012 – photo n° 3) pourrait même être qualifiée d’œuvre abstraite avec cette forme quasi géométrique et ce dégradé de couleur. De plus, le champ de coquelicots de Rafael Y. Herman, Somnum Rubrum (2012 - photo n° 4) n’est pas sans rappeler les toiles des célèbres impressionnistes français et hongrois, que sont respectivement Claude Monet, avec son tableau Les Coquelicots, et Szinyei Merse Pál, avec sa série de peinture intitulée Pipacsos rét. Cependant, si la ressemblance entre les peintures et la photographie est marquante, en regardant de plus près une différence se perçoit. En effet, si les coquelicots apparaissent le plus souvent ouverts à la lumière du jour ; ici, à la lumière de la nuit, ils se présentent refermés. Une nouvelle réalité est alors créée par le biais de cette nuit lumineuse, inconnue à notre esprit et incapable d’être perçue par nos yeux, comme l’explique l’artiste pendant cette visite guidée. La réalité devient alors surréelle et l’impression d’être dans une dimension virtuelle est omniprésente chez le spectateur. Dans un sens, étrangeté et mystère, et pourtant réelle, caractérisent les travaux et l’exposition de cet artiste, lancé sur la scène d’art internationale depuis le début du XXIe siècle.

Eva Boutin

Ludwig Múzeum – Exposition Rafael Y. Herman: https://www.ludwigmuseum.hu/kiallitas/rafael-y-herman

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