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Marseille-Budapest


By JFB - Posted on 31 janvier 2018

Rencontre avec Christophe Pouet

Au Franco-forum de Budapest, nous avons rencontré le professeur Christophe Pouet, directeur des Relations Internationales de l’Ecole Centrale de Marseille dont la contribution a été remarquée par sa clarté et son sens de la formule.

JFB : Il y a une grande mobilité pour laquelle vous oeuvrez et qui semble être liée à l'héritage de votre ville multiculturelle: Marseille.

C. P. : Marseille est très ouverte à l’international évidemment car nos élèves doivent faire au moins un semestre d’échange à l’étranger. Ils sont accompagnés en petit groupe par un enseignant ou un tuteur pendant toute leur scolarité. Ils doivent réfléchir à un certain nombre de choses : leurs projets professionnels, leurs valeurs.


L’ingénierie, c’est très vaste : ils doivent savoir s’ils veulent travailler dans une start up ou un grand groupe. Ils peuvent faire deux types d’échanges, soit un échange de crédits dans une université partenaire, soit un double diplôme comme par exemple avec la BME (Université de technologie et d'économie de Budapest). Nous avons un accord de double diplôme avec la BME et c’est profitable pour les deux établissements.  Ça peut aussi être un stage à l’étranger pour un semestre en laboratoire ou en entreprise. Pendant leur année de césure,  les élèves sont invités à aller à l’étranger, ils font souvent des expériences humanitaires. Ils peuvent aussi faire d’autres expériences dans le cadre d’associations comme la fanfare de l’école. Des étudiants de Centrale Lyon et Marseille réunis dans NoteAway sont partis un semestre à l’étranger dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est et d'Amérique du Sud pour faire de l’éveil musical à destination d'enfants défavorisés.

Nous accueillons aussi des élèves de l’étranger qui viennent soit en cursus complet dans notre école, soit en Erasmus. Notre établissement se trouve dans les quartiers nord de Marseille, à vocation à être ouvert et nos élèves s’engagent aussi dans la cité et font du tutorat pour des élèves, des lycéens, des collégiens – ce qui leur apporte une certaine ouverture d’esprit. Marseille est très cosmopolite ; et c’est une très grande ville, aussi étendue que Paris et sa proche banlieue, elle compte 111 quartiers. C'est aussi un port important, elle est d'ailleurs jumelée avec de grandes villes portuaires à l'étranger. Il y a beaucoup de gens qui viennent de l’extérieur ; c'est le résultat de l’histoire et de la construction de la ville.

Si l'on prend les classements de L'Etudiant (ndlr : groupe de média spécialisé dans l'information sur les formations et l'orientation) comme référence, notre école se situe aux alentours de la 20e place sur 164 écoles d’ingénieurs en France ces dernières années.

JFB : En parlant de votre école, de la formation d’ingénieur, vous avez évoqué une très jolie métaphore à propos d’un orchestre, pouvez-vous préciser votre idée ?

C. P. : L’orchestre permet de présenter la profession d’ingénieur généraliste – car notre école forme principalement à cela – cependant les gens pensent plus souvent aux ingénieurs spécialisés  (en informatique, en mécanique). Dans un orchestre, contrairement aux ingénieurs spécialisés qui seraient les musiciens de l’orchestre voire le soliste pour les plus brillants, l’ingénieur généraliste serait plutôt le chef d’orchestre : il sait ce dont sont capables les différents musiciens et il sait les faire jouer ensemble, en harmonie. Dans une entreprise, il peut commencer par des petits projets et au fur et à mesure il va être amené à s’occuper de projets de plus en plus grands et finalement un jour, peut-être, à gérer une entreprise. Quand on est PDG d’une grande entreprise, il faut avoir une vision d’ensemble, il faut comprendre à la fois ce qu'est la recherche, le développement, la production, le marketing, l’international ainsi que les finances. Grâce à ses connaissances techniques, l'ingénieur généraliste PDG va être à même de dialoguer avec les différentes directions et de trancher des questions importantes en accord avec les spécialistes.

Propos recueillis par Éva Vámos et Anthony Lesbros

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