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By JFB - Posted on 17 octobre 2017

» Représenter l’irreprésentable «

Quand la chronique du cinéma est à la une

Chères lectrices, chers lecteurs,

Cette année, la grande révélation au Festival de Cannes - c'était un film hongrois, Le Fils de Saul, le film de László Nemes qui a remporté  le Grand Prix du Festival ainsi que le prestigieux prix FIPRESCI des critiques de cinéma.

Le film représente un chapitre mal connu de l’horreur des camps de concentration – et cela par un approche unique dans la représentation de l’Holocauste au cinéma. C’est un jeune réalisateur qui a passé la moitié de sa vie en France, mais retourne en Hongrie pour raconter l’extermination des Juifs Hongrois, dans un nouveau langage cinématographique elliptique et centré sur les visages.

 


C’était des années de préparation et de réflexions entre le réalisateur et son caméraman Mátyás Erdély, ainsi que sa co-scénariste Clara Royer.

L’acteur principal Géza Röhrig a bien voulu accorder une interview avant la proclamation des lauréats que notre journal publiera prochainement, ainsi que les interviews d’autres protagonistes pour comprendre dans quel climat de solidarité et de réflexions communes le tournage a déroulé.

Géza Röhrig, poète vivant à New York, a lui-même un diplôme de réalisateur de l’Ecole d’Art dramatique de Budapest. Il a fait des recherches en Pologne et en Israël, en quête de témoignanges de survivants et des notes cachées des prisonniers des Sondercommandos sur le monde concentrationnel. Il donne corps à la figure de Saul – qui au plein milieu de l’enfer ne pense qu’à enterrer son fils – et »abandonne les vivants au profit des morts«. L’acteur interprète son personnage ainsi : sa vie a repris du sens par cette obsession. Cependant, dans cet anéantissant huis-clos, l’illusion de la liberté et l’espoir d’une révolte disparaissent rapidement.

S’il a bien réussi sa « photographie », c’est grâce au comédiens dont les visages exprimaient toutes les nuances, toutes les interactions – confiait le caméraman Mátyás Erdély à notre Journal. C’est le cas aussi de Levente Molnár, dans le rôle d’Abraham, comédien du Théâtre National Hongrois de Cluj, de la Transylvanie. Il pense que la leçon qu’Abraham nous donne, c’est qu’il faut toujours agir ensemble avec les autres êtres humains, en toutes circonstances ; ne jamais s’isoler.

Mais laissons la place à la fête à Cannes et en Hongrie ! Ce Grand Prix qui récompense Nemes et son Saul avait été une seule fois attribué à un film hongrois, et ce il y a 30 ans. Et n’omettons pas de célébrer les autres lauréats, notamment Agnès Varda qui a reçu la Palme d’honneur pour l’ensemble de son oeuvre. ...

Vite, au cinéma ! Le Fils de Saul sortira sur les écrans hongrois le 10 juin ; en attendant vous pourriez aller voir à Urania l’inoubliable Sans-espoirs, film historico-politique restauré pour l’occasion, du légendaire Miklós Jancsó, 50 ans après sa première.

Éva Vámos

Photos :

1) László Nemes prend le Grand Prix

2) Éva Vámos avec l'acteur Géza Röhrig

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