Nouvelle scène hongroise

Festival de musiques de rue à Veszprém

 

Pour la 11ème année consécutive, du 13 au 16 juillet, les rues de Veszprém ont vibré au rythme de la musique. Dès la descente du train, la douce chaleur de l'été est venue illuminer l'ancienne ville des Reines

A deux heures de train de la capitale, nous voilà transporté dans un petit joyau d'architecture baroque. Mais pour l'heure, les micros, amplis, scènes et instruments ont envahi les pavés du quartier du château, et la rue qui mène au belvédère, vue imprenable sur la campagne environnante, résonne du bruit des concerts. Ici, pas besoin de beaucoup de matériel, juste une guitare, pour participer au spectacle, ne plus seulement en être le spectateur. C'est là qu'est toute la magie de ce festival qui accueille, en plus des têtes d'affiches, quiconque veut partager quelque chose en musique.

Le principe de ce rendez-vous annuel devenu incontournable: 4 jours, des groupes professionnels, des groupes locaux qui s'affrontent sur diverses scènes éparpillées dans la ville en quête d'un tremplin, et des mélomanes de tous poils. Avec à la clé deux chèques de 500 000 forints, l'un allant au coup de coeur du public, amené à voter par SMS, l'autre décerné par un jury de professionnels. Aucune contrainte de style, d'âge, de goût. Cohabitent ainsi des chansons traditionnelles hongroises, du folk américain, du rock, mais aussi de la danse, avec du tango ou de la salsa. Ici et là, une reprise des Beatles, une version hongroise de la comédie musicale notre dame de Paris, une interprétation de « Elle rit aux éclats » de Vaya con Dio. Tout ce petit monde est rassemblé pour quelques jours dans une bulle cosmopolite. Beaucoup de Hongrois, mais aussi ici et là des Français, des Allemands, des Américains. L'occasion d'aller à la rencontre d'un peuple hongrois ouvert et chaleureux. Tout devient prétexte à la musique, ce qui donne parfois lieu à des situations cocasses: comme ce jeune homme qui s'est soudain mis à chanter à l'arrêt de bus, sous le regard tantôt fasciné, tantôt éberlué, des autres passagers.

Grands vainqueurs de cette année: le groupe des Young Bluesers, plébiscité par le public, et Allan Nes(en photo), récompensé par le jury pour son beatbox effréné, qui a parcouru beaucoup de chemin depuis l'année dernière où il jouait dans les rues, puisqu'il a eu la scène principale pour lui tout seul le samedi soir, en clôture du festival.

Les concerts du château sont payants, mais on peut juste apprécier gratuitement les concerts donnés dans les rues de la ville, sur le modèle de la fête de la musique née en France il y a 30 ans. Cette manifestation est rendue possible grâce aux sponsors privés, mais aussi grâce à la participation financière de la municipalité, qui y a investi cette année 8,3 millions de forints.

Le festival a gagné une dimension internationale avec les années. Le jury était composé cette fois-ci de l'Italien Stefano Bottoni, organisateur du festival Ferrara Buskers, du Français Jehan Paumero, fondateur du groupe Fenetour et de János Martinkó, créateur du festival Utcazene. Les groupes invités viennent également des quatre coins du monde, comme cette année les Allemands de Gentlemen & the evolution, ou les vénézuéliens de Desorden Publico. Le public a acclamé le jazz manouche des Hollandais de Hot club de Franck, et les français du Wombo Orchestra ont pu enflammer le public avec leur ska énergique.

Rendez-vous l'année prochaine pour la prochaine édition!

Cécile Pollart

 

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