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VALAMI MÁST?


By JFB - Posted on 10 janvier 2011

C’est le moment du salut. Une huitième et dernière colonne. Un huit qui se dandine à l’infini, couché, au chaud. Rideau.

Il n’y a rien à vouloir. Le temps d’un au revoir. Mais moi, je veux beaucoup, je ne veux rien oublier. Et ça, je l’ai mis où? Tout rassembler. Dépêche-toi. Le train n’attend pas. Attends-moi. Ne m’oublie pas. Je veux tout prendre. On ne sait jamais. Ce n’est pas fini. Je n’ai pas fini. Ah oui et ça encore. Tout à l’heure c’était là j’en suis sûre. Et maintenant. Maintenant je ne trouve pas. Le temps. Laissez-moi le temps. Je suis prise à la gorge. Laissez-moi le temps de dire au revoir. Je cherche encore dans mes souvenirs. Je prends mon temps. Je l’étire, encore un peu. Et encore ça, ça je ne l’oublierais pas. Ne pas oublier de vérifier cependant. Le train n’attend pas. Dépêche-toi. Ne pas se perdre dans l’intervalle. S’évanouir dans le souvenir. Demain ce sera trop tard. Alors ne rien jeter. Entasser. Je pense à tous ces vieux qui conservent maladivement journaux, magazines, pots de yaourts, capsules, emballages et qui chargent leur maison du sol jusqu’au plafond. Ils empilent systématiquement. La peur de disparaître. S’enfouir sous les décombres. Et les murs épaississent. Le plancher est couvert. Ce n’est plus une tanière, à peine un trou à rat. Une accumulation morbide. Un amas infini, compressé, asphyxiant.

Passer l’éponge, tourner la page. Page blanche. Rien n’a eu lieu. Je rêve. Je ne suis pas là. Le temps d’un au revoir. Je m’évade. Même pas mal. Je me glisse sous les formules, les formules en tout genre. Surtout ne prends pas froid prends soin de toi tu verras ça ira je vais penser à toi au revoir à bientôt tu vas me manquer aussi tu vas me manquer aussi et puis encore merci.

Et j’égrène mon chapelet. Je conjure. Peur de rien. C’est la vie. Camouflée dans la banalité. Convenablement attristée. Saut de l’ange les bras écartés. Je ne sais plus embrasser. Je laisse tout filer.

Mais où es-tu passée?

Le temps d’un au revoir. Je suis là. Je reviens. Le temps d’un au revoir. Maintenant. Temps présent. En arrière en avant. Qu’il est vaste ce présent. C’est pas le moment de se racornir. Rire aux anges. Fissure étroite. Vitesse absolue. Fulgurance d’éternité. Douleur ensoleillé. Coexistence.

Mon ami, mon amant, mon frère, mon père, c’est à vous que je dédie cette colonne infinie.

Le temps d’un au revoir.

Françoise Morizet

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