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Comme tous les mois voici votre rubrique économique préférée avec, ce moi-ci, un véritable mouvement d’optimisme, probablement dû à l’euphorie de l’état de grâce...

Optimisme vs pessimisme

Alors que de nombreux journalistes tirent à boulets rouges sur le ministre hongrois de l’économie, György Matolcsy, autrefois connu pour son célèbre optimisme en matière de croissance économique, il semble qu’il y ait encore plus optimiste puisque la société d’études économiques Kopint-Tarki prévoit pour 2010 une croissance de 1,2% contre 0,6% pour le gouvernement et le FMI. D’ailleurs, malgré les rumeurs, il semble que Matolcsy bénéficie toujours de la confiance du Premier ministre Viktor Orbán et qu’il n’envisage absolument pas de démissionner.

Les analystes hongrois et certains économistes étrangers insistent sur le fait que, en effet, tout devrait aller mieux en 2011 avec 3,5 % d’inflation au lieu de 5, une dette nationale représentant 80 % du PIB au lieu de 82% et un déficit sous les 3% contre les 3,8% prévus pour 2010.

L’optimisme est un des moteurs de l’économie, c’est bien connu mais pour ne pas dépasser les 3,8 % d’ici décembre il va falloir de gros efforts car nous nous rapprochons déjà des 8 milliards de HUF de déficit. Dieu merci, il est toujours possible de créer de nouvelles taxes et certains pensent déjà que les sociétés de télécommunication ou celles du secteur énergétique pourraient rejoindre les happy few qui bénéficient d’une taxe rien que pour eux! Le gouvernement, avec beaucoup de bon sens, n’est pas très chaud pour se mettre à dos encore plus de sociétés multinationales et ne réussir qu’à augmenter les factures des consommateurs et croise donc les doigts en attendant décembre.

Une vague d’optimisme, de nature différente, touche aussi le Conseil budgétaire. Celui-ci, propose d’introduire dans la future Constitution le principe de transparence du secteur public et de l’utilisation des fonds publics. Que voulez-vous, c’est l’héritage du passé, l’amour des principes pour l’édification des générations futures... Après tout, sur le papier, la constitution de l’URSS de 1977 était une des plus démocratiques du monde et cela n’a jamais posé de problème pratique à qui que ce soit pendant des années! Le Conseil propose aussi un certain nombre de règles visant à assurer la stabilité budgétaire qui sont tellement risquées sur le long terme que je ne les évoquerais que si elles sont adoptées. Ne jamais faire de publicité pour les bombes à retardement, c’est un principe!

Côté mauvaises nouvelles

L’UE a suspendu les subventions pour le développement des transports en Hongrie en attendant que le gouvernement mette en place un nouveau système pour les marchés publics, un processus assez long qui devrait être au point d’ici fin 2012. La banque centrale (MNB ) estime que la conversion en forints des emprunts souscrits en devises étrangères ne remédiera pas à la vulnérabilité financière du pays. Les banques hongroises voient leurs profits baisser de 20 % par rapport aux deux premiers trimestres de 2009 (mais globalement voient aussi leurs pertes diminuer, rassurez-vous!).

Le prix des cigarettes devrait augmenter dans des proportions telles qu’elles deviendraient un véritable produit de luxe, mais est-ce réellement une mauvaise nouvelle? Pour le système de santé, non, pour les caisses de retraite peut-être, toujours cette maudite rationalisation des choix budgétaires : améliorer l’autoroute ou construire un hôpital?

Donc, in fine, tout ne va pas aussi mal que possible, pour le moment, et trois sociétés hongroises sont même louées pour leur réussite : MOL, Audi et Nokia Komárom, ce sont les nationalistes qui doivent être contents !

Xavier Glangeaud

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