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La chronique du palais
de Natacha Guego
Je suis passée plusieurs fois cet hiver devant le PomoD’Oro: le restaurant était fermé pour travaux avec des bennes pleines de gravas sur le trottoir. Cela nous promettait une réouverture avec un tout nouveau décor et je dois dire que j’étais curieuse de savoir comment l’endroit allait être transformé. Il faut dire que le PomoD’Oro est la trattoria la plus authentique de tout Budapest et sans conteste la meilleure. Ici pas d’erreur, les patrons et le chef sont tous originaires de la Botte et sont toujours présents pour avoir un œil sur la salle et la cuisine en permanence. Je profitais donc du dernier jour de classe de mes enfants pour me faire le dernier déjeuner entre copines de l’année scolaire 2009/2010. En arrivant tôt, j’espérais bien avoir une table car sinon il faut bien avouer que point de salut sans réservation! Et là j’ai eu un petit peu de chance: à mon arrivée le patron des lieux discutait avec quelques touristes italiens sur le pas de la porte. Je m’avançais donc et lançait dans mon italien “de cuisine” un Buon giorno plein d’entrain et continuait en lui demandant une table. Ni une ni deux je fus dirigée avec un grand sourire à une table près de la fenêtre. Cependant ne tentez pas trop le diable et, si vous pouvez, il est préférable de passer un petit coup de fil pour être sûr de ne pas vous casser le nez en arrivant. Le restaurant est généralement complet midi et soir.
Le plus étonnant c’est que le décor n’a pas vraiment changé dans la première salle. Quelques petites choses refaites ici et là mais, en rentrant, j’ai retrouvé le restaurant que je connaissais. Je me suis donc aventurée vers le fond du restaurant pour y découvrir les changements: une assez grande salle sur l’arrière donnant sur la cuisine derrière une immense vitre et, sur le côté, une grande table qui peut accommoder une vingtaine de convives ou pourquoi pas servir de table d’hôte. La salle est sûrement plus agréable en hiver car, en été, on se sent un peu “enfermé” faute de fenêtre donnant sur l’extérieur. Mais la vue sur la cuisine et la rôtisserie est tout de même très sympa.
Pour le reste rien n’a changé: le service est impeccable et tout ce qui nous a été servi était très bon, bien présenté et copieux, juste comme il faut. Ce restaurant est l’un des rares de Budapest qui fait presque toujours un sans faute! Il est bon de le souligner car c’est assez rare, surtout sur la durée. D’où son succès, il n’y a pas de mystère…
La carte est à l’image d’une véritable trattoria comme à Rome ou Milan. Bien sûr il y a une belle sélection de pizzas mais vous y trouverez aussi tous les plats incontournables de la gastronomie italienne: la Caprese, que l’on nomme chez nous la tomate-mozza, servie avec de la véritable mozzarella di Buffala (et non cette mozza caoutchouteuse made in Hongrie ou Allemagne et que l’on trouve dans la quasi totalité des supermarchés de Hongrie), des bruschetta, un excellent jambon de Parme (les jambons sont d’ailleurs pendus dans une vitrine spéciale dans la salle du restaurant), du vittelo tonnato (un fin carpaccio de veau cuit avec une sauce au thon et aux câpres) ou du minestrone par exemple pour les entrées. Une partie des pâtes sont fabriquées maison mais ce ne sont pas toujours les même donc pas possible ici de vous dire précisément quelles sont les pâtes fraîches que vous pourrez manger. N’hésitez pas à demander au serveur. Beaucoup de raviolis sont fait maison avec des farces différentes: comme les raviolis Cardinale au foie gras ou les tortelloni aux épinards et à la ricotta servis avec une sauce au Gorgonzola et aux noix. Grande spécialité maison: les strozzapreti alla flamma – des pâtes un peu torsadées que l’on fait revenir dans une demi-meule de Parmesan qui aura préalablement été flambée devant vous. Excellent, assez simple et toujours spectaculaire.
Pour ceux qui me connaissent bien, vous savez que mon plat “test” est le risotto. Ici pas d’erreur, une fois de plus. Il est cuit à la perfection, le riz encore légèrement ferme et j’ai un faible pour le risotto à l’ancienne, cuit avec son ragoût de canard. Dommage cependant qu’il n’y ait pas de traditionnel risotto à la milanaise.
Pour le reste je ne vais pas vous faire l’inventaire de la carte, cela serait bien trop long et vous pouvez consulter la carte en anglais ou en italien sur le site internet du restaurant. Sachez cependant que les plats de poissons et de fruits de mer sont aussi toujours très bien réussis, même si je regrette juste l’absence de l’un de mes péchés mignons, les spaghettis alle vongole. Les desserts sont assez réussis également, y compris la panna cotta ou une petite mousse de citron servie sur un coulis de fraises proposée ce jour là au menu du jour et qui était légère et rafraîchissante, idéale en fin de repas.
Le PomoD’Oro reste donc sans conteste l’un des champions de la ville!
! Attention cependant si vous venez en voiture, la rue Arany János a changé de sens de circulation depuis peu (je vous le précise car j’ai vu plusieurs voitures la remonter en sens interdit et je dois avouer que je ne savais pas qu’elle avait changé de sens. Si je ne m’étais pas garé du coté de Roosevelt tér, j’aurais peut être fait la même bêtise tellement habituée que je suis, de la prendre pour remonter vers Bajcsy Zsilinszky).
PomoD’Oro
Bp 1051, Arany János utca 9
Tel: 302.64.73
Ouvert tous les jours de 12:00 à 00:00
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